L’algaegraphie : photographier avec des algues

Cette photographie n’a pas été prise; elle a été cultivée ! Comme artiste et chercheur à l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs à Paris, Lia Giraud cultive des algues microscopiques afin de produire des portraits superbes. « La technique est similaire à la photographie, mais la photosensibilité des grains d’argent est remplacée par des germes photosensibles; des micro-algues, » nous explique Lia Giraud.

Pour créer chaque « algaegraphie », Giraud plonge les algues dans un contenant rempli d’un mélange de nutriments chimiques et les expose. « Les cellules réagissent à la lumière en formant des solides de densités différentes, » explique-t-elle.

Bien qu’un début d’image commence à se formée en quelques minutes, il faut dans certains cas attendre jusqu’à quatre jours pour obtenir le résultat final. Vient ensuite le problème de la permanence de l’image qui n’a pas encore été résolue. « L’image est sensible à tout phénomène externe et continuera d’évoluer au fil du temps, » dit Giraud. Mais elle espère que les gens seront intéressés par l’aspect éphémère de ces œuvres d’art, ou ce qu’elle appelle « la sensibilité imprévisible de la vie ».

Giraud travaille maintenant avec le cinématographe Alexis Raphélis afin de développer une technique qui permettrait aux algues d’être utilisées pour créer un film animé en temps réel. Les oeuvres intitulées « Immersion », seront montrées au festival des Arts visuels de Vevey en Suisse cet automne. « Travailler avec des êtres vivants soulève la question de l’autonomie, » dit-elle. « Il pose la question, « Pouvons-nous vraiment contrôler l’ensemble du processus des êtres vivants? »

 

Son site internet : http://www.liagiraud.com/