La vie parmi les sans-abri : Portraits intimes d’une tragédie humaine

rk8iwqazjimv77oqbfgw-001

À la vue des sans-abri, ou sans domicile fixe (SDF), nous éprouvons un mélange de culpabilité, de dégoût, de pitié, et de remords.

Ils sont pourtant des individus comme les autres, ayant vécu des drames qui les ont conduits dans cet état. Dans la communauté des photographes, ceux qui s’intéressent à ce groupe oublié, sont souvent accusés d’être des opportunistes profitant des malheurs de leurs sujets.

enhanced-buzz-wide-23189-1445593900-7

Lee Jeffries est un photographe autodidacte qui a commencé à documenter la vie des sans-abri quand il était à Londres en 2008. Alors qu’il s’approchait d’une jeune femme enveloppée dans un sac de couchage dans la rue, elle s’est levé et l’a fixé. Plutôt que de craindre d’être agressé, Jeffries s’est approché et a commencé à discuter avec elle.

enhanced-buzz-wide-15244-1445608813-8

Il nous dit au sujet de cette rencontre :

Qu’est-ce que cette jeune fille m’a appris ? Le respect, mais surtout que la photographie n’était pas l’alpha et l’oméga.

Depuis cette rencontre, il a décidé de poursuivre sa démarche consistant à partager en image la vie de ces laissés-pour-contre, de ces parias que la société de consommation ne veut plus, parce qu’ils dérangent et laissent entrevoir les failles du système.

enhanced-buzz-wide-5476-1445608736-26

Jeffries s’efforce toujours de communiquer avec eux avant de prendre ses photos, allant jusqu’à passer trois semaines à leurs côtés dans la rue pour gagner leur confiance et comprendre ce qu’ils vivent au quotidien.

Je suis devenu un membre à part entière de cette communauté. Cette interaction privilégiée avec ces êtres honnis du monde, m’a permis de devenir quelqu’un de meilleur. C’est difficile à expliquer et probablement encore plus difficile à comprendre. Une fois que vous avez laissé tomber vos préjugés, vous découvrez des êtres comme vous et moi, que la vie n’a pas choyé.

La dernière fois que je suis allé à Miami, je me trouvais avec un groupe de prostituées dans la région Overtown. Elles étaient toutes désespérément accro à l’héroïne. Une d’entre elles s’est injecté une dose devant moi. Quelques heures plus tard, elle était morte.

enhanced-buzz-wide-21572-1445592632-7

enhanced-buzz-wide-28420-1445592752-7

enhanced-buzz-wide-30900-1445593840-7

Jeffries travaille avec les sans-abri depuis plus de sept ans maintenant, et participe à des organismes de bienfaisance. Sa relation privilégiée avec ses sujets, se confirme à travers son travail. Et quoiqu’en pense certains photographes, montrer la réalité de ces gens, ce n’est pas du voyeurisme. C’est une façon de briser le mur invisible qu’il y a entre eux et le reste de la société, qui dans certains pays, va jusqu’à nier leur existence.

Vous pouvez suivre le travail de Lee Jeffries en visitant sa page Facebook et Instagram.

crédit photo : Lee Jeffries