Scott Bourne : J’ai testé plusieurs apn très haute résolution et voici mes conclusions

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Le photographe Scott Bourne a testé plusieurs appareils dotés de capteurs à très haute densité en mégapixels. Il nous donne son avis sur cette la question, à savoir: utiliser ces appareils, est-ce vraiment nécessaire ?

Je me rends compte que je fais partie de la minorité quand je dis que ne je vois pas la nécessité d’utiliser un appareil photo doté d’un super capteur tel que le Nikon D810, Canon 5DS R, Sony a7R II, et autres apn similaires. Plusieurs photographes semblent vouer un véritable culte aux boîtiers produisant le moins de bruit numérique. Pourtant ces derniers ont grandi au cours des 10 dernières années avec l’idée que tout bruit numérique était inesthétique et indésirable.

Il y a donc selon moi quelque chose qui selon moi n’est pas logique. Ces photographes qui veulent des photos non bruitées, sont prêts à restreindre leur utilisation à de très faible ISO, c’est-à-dire 200, 400 ou 800, ou tout simplement ils ne se soucient pas du bruit; ce qui est plutôt rare.

Je voulant aller plus loin que simplement donner mon opinion. J’ai donc testé tout cela moi-même. J’ai loué ou emprunté plusieurs boîtiers au cours des trois dernières semaines. Pour ne pas offenser les fans de certains fabricants, je ne vais pas nommer ces appareils. Mais ce que je vais dire, est valable pour tous les boîtiers haute résolution que l’on retrouve sur le marché.

Les résultats de mes tests

1. Qui a besoin de ces appareils photo haute résolution ? Basé sur des années d’interrogation, je sais qu’un très petit nombre de photographes travaillent dans une industrie où cela est nécessaire; les panneaux publicitaires est un exemple. Une écrasante majorité n’imprimera leurs photos que dans un format ne dépassant pas 5 × 7cm, ou peut-être un peu plus. La plupart partagent leurs images presque exclusivement sur le Web. Donc avoir 36, 50 ou plus de mégapixels ne sert strictement à rien.

2. Ces appareils offrent une telle haute résolution que leurs capteurs peuvent produire plusieurs paires de lignes horizontales. La plupart des objectifs grand public n’arriveront jamais à restituer une bonne image adaptée à ces capteurs. Il n’y a tout simplement pas assez d’informations passant de l’optique au capteur. En bref, à condition d’utiliser certains objectifs parmi les plus chers et les meilleurs sur le marché, votre appareil équipé d’un super capteur, ne produira pas de photos réellement plus détaillées. Qui peut se permette d’avoir à sa disposition un parc d’objectifs valant 20 000 $ / 17 000 € couvrant l’ultra-grand-angle lumineux au super-téléobjectifs !

3. Ceux qui font de grands tirages, savent que les erreurs sur une image deviennent encore plus évidentes lorsque vous imprimez de très grands formats. Je l’ai appris à la dure il y a des décennies lorsque j’ai imprimé mes premiers 8 × 11 cm à partir d’une diapo 35mm. À cette taille, toutes les erreurs que vous faites lors de la prise de vue sont amplifiées. Lorsque vous travaillez avec des fichiers haute résolution, toutes les erreurs que vous ferez le seront également. Si vous avez le moindrement bougé l’appareil ou si vous n’avez pas fait la mise au point avec une grande précision, cela se verra. En d’autres termes votre technique photographique doit être sans failles pour obtenir des photos parfaites. Un appareil photo de 18 à 24 mégapixels sera plus « indulgent », et révélera moins ces erreurs, qu’un apn de 50 mégapixels

4. J’espère que vous êtes un buveur de café, ou que vous avez un autre passe-temps intéressant, car lors du transfert de vos images, le processus d’importation prendra beaucoup plus de temps en raison de la taille du fichier. Vous devrez également vous munir de très gros disques durs pour stocker vos photos. Pour ma part, j’ai l’habitude de remplir un disque de 2 To à chaque mois. Si j’utilisais ces appareils régulièrement, il me faudrait trois fois plus que d’espace de stockage. De plus le post-traitement prend beaucoup plus de temps, à moins bien sûr d’utiliser un ordinateur très performant. Mais bien souvent, ce sont les logiciels qui ne suivent plus. Ces derniers doivent traiter des milliards de données numériques. Je doute qu’ils soient optimisés pour ces super-appareils photo. Car ne l’oublions pas, ces derniers n’existent pas depuis très longtemps

5. Si vous êtes un adapte des photos prises en situation de faible éclairage et que vous voulez utiliser des valeurs ISO élevées sans qu’il y ait trop de bruit; oubliez ces appareils ! Ces super-boîtiers produisent des photos très bruitées à des valeurs ISO élevées. Oui, vous pouvez faire de la magie en post-traitement, mais j’aime produire de bonnes photos directement à partir de mon appareil quand cela est possible. Mon Fuji X-T1 produit des images très nettes, même à 6400 ISO. Ces super-appareils, à 400 ISO, produisent des photos déjà trop bruitées pour moi.

Dans presque tous les cas, j’ai remarqué qu’à 800 ISO les images étaient inutilisable selon mes préférences. Vous lirez probablement des articles dans lesquels les auteurs diront que leurs super-appareils produisent des photos sans bruit, même à des valeurs ISO élevées. Pour ma part, je crois que ce sont des affirmations biaisées. En réalité, ces images haute résolution sont nettement plus bruitées que celles provenant d’appareils photo dotés des capteurs dans la gamme des 12 à 24 mégapixels. Les puces de traitement qui équipent ces boîtiers ont leurs limites. De petits photosites produiront toujours des images plus bruitées que de gros photosites.

Conclusion

J’ai décidé de procéder à ces tests parce que je ne voulais pas être « ce mec » qui écrit sur du matériel photo qu’il n’a jamais utilisé. Je reconnais qu’ils ne sont pas scientifiques. J’ai effectué mes tests avec ces appareils dans des conditions réelles qui reflètent la façon dont je photographie tous les jours. Ce qui semble merveilleux sur le papier, ne l’est peut-être pas quand vous procéder à des essais rigoureux dans le monde réel.

Mon but avec cet article n’est pas de décourager les photographes ou de semer la controverse, mais simplement de vous mettre en garde concernant les difficultés auxquelles vous ferez face.

8 commentaires

    1. Ce n’est pas une traduction auto, mais une traduction libre faite à la main. Il y a probablement une erreur de conversion pouce/cm. Je vais regarder cela aujourd’hui.

  1. Bonjour, ce qui manque ce sont des photos pour en apporter la démonstration. Là ce sont des affirmations …Cependant , force est d’imaginer que plus le capteur dispose de pixels et plus il faut un objectif de qualité . … enfin les photos présentent des défauts mais regardées a uen distance de 5 fois la valeur de la diagonale l’oeil que voit il ? Je pense que dans cette débauche de pixels les constructeurs veulent  » imposer  » de passer à ces définitions pour ensuite passer aux optiques qui vont avec comme le 200-400 Canon a 7000 euros ?
    La photo , ce n’est pas une affaire de pixels sauf dans quelques cas particuliers de photos industrielles ou publicitaires mais c’est une minorité ..La photo c’est soit un souvenir soit faire passer une émotion…Si les APN permettent de tirer des photos en veux tu en voila …comme les smartphones ..que reste-t-il des vrais photos quand on partait avec la bobine de 36 vues qui demandait beaucoup de réflexion avant de déclencher …les APN n’ont ils pas tué la photographie ?Pour ma part je fais des photos de sports mais plus de photo vraiment réfléchie et préparée comme en 1975 ?

    1. La photo a en effet bien changé depuis 1975. À l’époque je débutais en photo, et j’utilisais des bobines de 12 poses. Je n’avais l’argent pour m’offrir plus de poses d’un coup. 🙂

  2. Je ne suis qu’un modeste amateur, passionné, mais m’inscrit en faux contre votre avis caricatural.

    J’apprécie tous les jours mon choix d’un boîtier de 36 Mpx.
    1°. Je l’accompagne d’un 24-70 F/2,8, d’un 70-200 F/4, et d’un 35 F/1,8 qui me suffisent totalement surtout eu égard aux capacités fabuleuses de recadrage que les 36 Mpx autorisent quand c’est nécessaire.
    2°. Un iMac récent et la dernière version de Lr ne font pas de moi un consommateur de café intoxiqué.
    3°. Je ne fais pas plus de 15000 photos/an qui après tri sélectif se réduisent à 3/4000, et la mémoire disque ne coûte pour rien aujourd’hui. (vous en faites sans doute plus de 100 000)
    4°. Je fais tirer les photos en 60/40 (expo) voire en 120/80 quand elle le mérite ou que j’ai une demande. Et en 120/80, c’est fabuleux de qualité et de précision, on est « dedans ».
    5°. La dynamique du boîtier est extraordinaire et permet de faire parler les ombres, si on a pris la précaution d’exposer à droite.
    6°. Les photos de nuit sont faites à 64 ISO sur trépied, où est le problème ?
    7°. En règle générale, il faut travailler à une vitesse supérieure d’un stop à la règle habituelle, sauf stabilisateur, ou être tireur d’élite.

    En résumé, nos pratiques photographiques ne sont pas les mêmes. Vous parlez en pro, je suis amateur.

    1. Merci pour votre commentaire. Mais ce texte est l’opinion du photographe Scott Bourne. Cela ne veut pas dire qu’il a raison. C’est simplement son point de vue.

  3. Certes.
    Toutefois votre fuji apsc de 16Mp est équivalent en résolution a un full frame de 36Mp comme le d810.

    Donc a génération de capteur identique, les deux devraient donner le meme bruit… Sauf a dire que fuji fait des miracles ?

    1. C’est simplement l’opinion de Scott Bourne. Cela ne veut pas dire qu’il a raison à 100%. C’est un avis parmi tant d’autres.