Interview: Roman Roebroek et la fascination des espaces abandonnés

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Une forme de photographie d’architecture qui a vu une résurgence massive ces dernières années est la fascination des lieux abandonnés. Tout comme les générations précédentes ont été captivés par les mystères des ruines antiques. Le photographe néerlandais Roman Robroek nous guide à travers ses explorations au sein de ces espaces vides et mystérieux.

Il y a cinq ans, Robroek lisait un article en ligne sur un château abandonné, lorsque quelque chose s’est allumé en lui. Il nous explique :

La photographie elle-même m’a toujours fasciné, mais je n’avais jamais fait un effort sérieux pour apprendre. L’idée d’une visite des bâtiments abandonnés semblait être une excellente façon d’apprendre et j’ai rapidement découvert qu’il y avait une grand « scène » derrière ce passe-temps.

Robroek a commencé par explorer les sites à proximité de l’endroit où il a vécu, mais inévitablement il a commencé à voyager plus loin et plus loin. Parfois, cela signifiait des recherches en ligne, récupérées de l’information sur Google Maps, mais aussi en lisant des articles sur des faits historiques, tandis que d’autres fois il choisissait une approche plus proactive tout simplement en voyageant en voiture à la recherche de beaux endroits abandonnés.

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Finalement Robroek a découvert que pour trouver ces lieux de manière plus efficace; se livrer à un échange d’informations avec la communauté de lieux abandonnés était essentielle. Il nous explique :

En toute honnêteté, la façon la plus commune [de trouver un endroit] est probablement de partager les endroits que vous avez visités avec un autre groupe de photographes qui vous fait confiance. Vous obtiendrez un emplacement en retour une autre fois. Je suis tout à fait certain que chaque photographe urbain a son propre «petit réseau» pour cela.

Les explorations de Robroek l’ont ​​conduit vers des situations souvent bizarres, notamment la poursuite avec des gardes de sécurité combattant les intrusions. Dans l’un de ses voyages, il a trouvé par exemple des lettres nazis signées «Heil Hitler», ainsi que des têtes d’animaux morts dans des bocaux.

Avec ces photos, et les histoires que j’ai trouvées, je veux partager avec mes amis un coup d’oeil derrière des portes qui seraient normalement laissées fermé. Je trouve toujours incroyable tout ce qui est laissée à la pourriture.

Bien qu’il ait déjà tenté de remplacer son sac photo Lowepro Slingshot 202 avec un sac à dos de tous les jours d’une autre gamme, Robroek est cependant resté intensément fidèle à son Canon 650D, qu’il a utilisé au cours de ces cinq dernières années.

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Tout aussi impressionnant est le fait qu’en dépit d’avoir eu à se faufiler dans des lieux inhospitaliers, Robroek n’a jamais endommagé son équipement qui se compose d’un objectif Canon 10-18 mm et  50 mm et d’un Sigma 10-20 mm. Cette gamme offre souplesse et qualité selon Robroek.

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Après avoir voyagé à travers une grande partie de l’Europe centrale, Robroek s’est donné comme défie de visiter au moins un nouveau pays chaque année. D’ailleurs, cette année, il a déjà visité quatre lieux abandonnés se situant dans un autre pays. Il nous dit à ce sujet :

L’année prochaine, je prévois de visiter Tchernobyl. Je lis des livres sur cette terrible catastrophe qui s’est passé et je veux voir ce qui en reste de mes propres yeux et muni de mon appareil photo. Je prévois aussi de visiter la Scandinavie et la Serbie .

Il peut sembler étrange de trouver une telle joie dans des hôpitaux délabrés, des entrepôts ou des maisons abandonnées, mais Robroek voit en ces lieux des vestiges du passé qui sont pour lui un véritable régal. Ces sites sont selon lui remplit d’histoires qui le fascinent. Il se sent honoré de pouvoir les visiter.

Vous pouvez suivre le travail de Roman Robroek en visitant son site internet, sa page Instagram, et sur Twitter