Lois Greenfield : 4 conseils pour photographier des danseurs défiant la loi de la gravitation

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Le défi que représente la photographie de danse est quelque chose que Lois Greenfield connaît mieux que quiconque. Depuis 40 ans, elle est connue pour ses images de danseurs défiant la loi de la gravitation. Elle nous explique que l’un des plus grands défis est de savoir attendre le moment « parfait ». Greenfield partage 4 conseils pour nous aider à développer notre oeil de photographe qui saura reconnaître le moment décisif.

1. Attendre le bon moment

Une des erreurs que les photographes font très souvent est de regarder les danseurs dans leur viseur de leurs appareils photo. En regardant à travers votre viseur afin de déterminer le bon moment, vous ne pouvez pas voir ce que font les danseurs et vos photos seront ratées. Pourquoi? Parce que au moment où vous verrez les danseurs s’élevant dans les airs, en déclenchant, leurs sauts seront terminés.

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Peu importe votre réactivité ou celles de l’obturateur de votre appareil photo, tout se passe en une fraction de seconde. Il est donc préférable de mettre votre appareil photo sur un trépied et de vous concentrer sur ce qu’ils font. Certains diront que cela limite les possibilités quant à la réalisation d’un bon cadrage. C’est un peu vrai, mais si vous ne parvenez pas à faire une seule bonne photo, au final vous vous retrouverez avec rien! Il est beaucoup plus logique d’avoir des images qui ne seront pas parfaitement composées, que pas d’image du tout!

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Je travaille toujours avec des appareils qui offrent plusieurs mégapixels, notamment le Mamiya Leaf Credo 80MP Digital. Ce dos me permet de recadrer très facilement mes photos, puisqu’il est doté d’un capteur de 80 mégapixels. Ce n’est pas un appareil très abordable pour les photographes débutants et même ceux qui sont avancés puisqu’il est vendu environ 30 000 $. Si vous ne pouvez pas vous permettre d’acheter un tel appareil, un boîtier dont le capteur offre entre 20 et 40 mégapixels devrait suffire. Certaines de vos photos ne seront peut-être pas parfaites, mais vous parviendrez quand même à obtenir plusieurs bonnes photos qui n’auront pas à être recadrées.

Sachez que pour avoir de bonnes photos de danseurs , vous devez penser aussi à la qualité finale de vos photos. Ce qu’ils font est merveilleusement beau; vos photos doivent montrer cette beauté. Des images pixelisées ne rendront pas justice à leur élégance.

2. Apprenez à anticiper le moment

Plusieurs photographes mettent leurs appareils en mode rafale, dans l’espoir que sur une séquence de 10 à 12 images, il y aura une qui sera miraculeusement bonne. Malheureusement cela fonctionne rarement. Je recommande plutôt de prendre une photo à la fois et de vous déplacer en suivant l’action, plutôt que de dépendre d’une machine automatisée pour prendre vos photos. En ne vous fiant pas uniquement au mode rafale de votre appareil, vous apprendrez à anticiper le bon moment. Le secret réside essentiellement à savoir anticiper ce moment.

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Pour arriver à développer cette qualité, la pratique est le meilleur moyen. Votre appareil photo est probablement une merveilleuse machine à image, mais elle ne remplacera jamais l’expérience d’un photographe. C’est pour cette raison que le mode rafale est une technique réservée aux débutants. Si vous voulez amener vos photos à un autre niveau, vous devrez faire confiance à votre instinct. De plus, vous pouvez demander aux danseurs de répéter leurs mouvements; certains accepteront d’autres refuseront, mais le plus important est de développer votre oeil de photographe en anticipant les mouvement. Aucune technique ne peut remplacer cela.

3. Comment obtenir une bonne photo de groupe

Si vous photographiez plus d’un danseur, le timing peut devenir compliqué. Demander aux danseurs de compter, ou d’avoir quelqu’un avec vous pour compter, afin de vous assurer que tout ce beau monde se déplacera en même temps. Une autre bonne façon d’aborder une prise de vue en groupe consiste à photographier chaque danseur dans ses positions différentes, afin que vous puissiez avoir une idée de sa position dans le groupe. Ensuite vous pouvez leur demander de refaire les mêmes sauts, mais cette fois tous ensemble. Mais le plus important c’est que vous connaîtrez la place de chaque danseur parmi ce groupe et sa chorégraphie. De cette façon, vous pourrez plus facilement anticiper ses mouvements.

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Un autre truc consiste à regrouper les danseurs lors du post-traitement si l’arrière-plan n’est pas trop distrayant ou s’il est composé d’une même couleur. Avec Photoshop, vous pouvez faire cela assez facilement. J’utilise rarement la manipulation photographique pour obtenir ce que je veux. Mais pour un débutant, c’est une façon de s’initier à l’art de prendre de bonnes photos de danseurs, sans avoir à passer des heures à pratiquer. La photo ci-dessus ressemble à un assemblage fait dans Photoshop, mais en réalité c’est une photo prise tout simplement au « bon moment ».

4. Le N&B ou la couleur ?

Pour ma part, J’aime beaucoup le N&B. Cela procure un aspect minimaliste qui permet aux spectateurs de se concentrer sur les danseurs en plein vol. C’est très beau et cela ajoute encore plus de « grâce » à leurs chorégraphies. La couleur peut parfois distraire l’oeil et nuire à la beauté d’un ensemble chorégraphiée. C’est à vous de choisir ce qui vous convient le mieux, mais le N&B produira toujours des images plus « surréalistes »; ce qui correspond parfaitement à ce type de photos. Cependant parfois la couleur permet de mieux exprimer les mouvements des danseurs en ajoutant une touche plus esthétique. Ce choix est totalement subjectif. En vous pratiquant, vous apprendrez à reconnaître les photos qui fonctionnent mieux en couleur et celles qui sont magnifiées par le N&B.

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Ceux qui sont intéressés par les aspects techniques des photos que je réalise, outre le Mamiya Leaf Credo 80MP Digital pour ses fichiers sans perte de 14/16 bits, j’utilise pour figer les mouvements des danseurs, le Broncolor Power Packs, le Broncolor Pulso Heads et quelques fois un bon vieux Hasselblad 500 c/m. C’est un « setup » très simple qui ne m’a jamais déçu.

Au sujet de l’auteure

Lois Greenfield a passé ses 35 dernières années de sa carrière de photographe à étudier le mouvement et son potentiel expressif. Elle préfère travailler en dehors des contraintes de la chorégraphie, en collaborant avec des danseurs sur des mouvements improvisés. Vous pouvez découvrir son travaille en visitant son site internet.

crédit photo : Lois Greenfield