Burhan Ozbilici remporte le prix The World Press Photo of the Year

Burhan-Ozbilici

Burhan Ozbilici, le photographe qui a documenté l’assassinat de l’ambassadeur russe en Turquie, a remporté du World Press Photo of the Year. Le 19 décembre 2016, il était à l’ouverture d’une exposition à Ankara, au moment de l’incident. Comme il le disait à l’époque, il ne faisait que son travail. Alors que la foule a commencé à paniquer, Ozbilici est resté calme et a documenté ce qu’il a vu. La photo est devenue virale presque instantanément.

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Comment a-t-il pris cette photo?

Bien que la photo d’Ozbilici soit devenue virale et qu’ elle ait provoqué de fortes réactions, elle lui a permis de remporter ce fameux prix tant convoité. Comment tout cela s’est-il produit? Il a tout d’abord rencontré un ami dans une galerie d’art à Ankara, à seulement 150 m de chez lui. L’exposition représentait des photos de Russie. L’ambassadeur de Russie à l’époque, Andreï Karlov, prononçait un discours. Ozbilici a pensé qu’il serait bon d’apporter son appareil photo et de documenter l’événement alors qu’il ne travaillait même pas ce jour-là.

Bien sûr, il n’avait jamais pensé qu’il allait assister à un meurtre. Alors que l’ambassadeur russe prononçait son discours, le policier turc Mevlüt Mert Altıntaş l’a tué. Tout le monde a commencé à paniquer, mais comme Ozbilici nous explique, il a compris que c’était un incident très important. Il a réalisé que la fuite n’était pas la solution, il a alors décidé de rester calme et de continuer à prendre des photos.

La police abat Altıntaş

Ozbilici a fini par prendre environ 100 photos. L’incident s’est terminé lorsque la police ait abattu Altıntaş, et personne d’autre n’a été blessé. Le photojournaliste est allé directement à son bureau et a envoyé les photos à Associated Press. Il n’a pas pensé comment les gens pouvaient la distribuer dans les médias sociaux, ou comment ils pourraient l’utiliser:

Je n’ai pas fait attention à cela. J’essayais de faire mon travail. L’assassinat était bien sûr politique, mais je ne m’intéresse pas à tout cela, je suis seulement un journaliste. J’essaie d’enregistrer, de documenter, de témoigner l’histoire.

Il affirme que son but est de représenter le journalisme indépendant et d’avoir la liberté de ce faire ce qu’il veut:

J’avais le tireur près du visage et bien sûr c’était risqué, mais j’avais aussi la liberté de faire ce que je voulais, personne ne me bloquait ou ne m’arrêtait. La liberté est la première valeur dans ma vie.

Cette photo a certainement marqué l’année 2016 et elle fut très perturbante pour un grand nombre de personnes. Mais pour Ozbilici, il ne faisait que son travail, et probablement la plupart des photojournalistes auraient fait la même chose.

crédit photo : AP Photo/Burhan Ozbilici

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