Ja Turla : « La photo m’aide à combattre mes problèmes de maladie mentale »

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Je suis Ja Turla, à l’Université j’ai rencontré mon professeur de photojournalisme, Amer Amor, qui m’a appris à continuer à photographier malgré le fait que je n’avais pas mon propre équipement à ce moment-là. Il a été pour moi très important et c’est malheureux qu’il ait quitté ce monde aussi tôt. Maintenant à 23 ans avec des troubles Bipolaires de type 1, je me suis engagé à peaufiner mes photos d’arbres pour créer des images en miroir. J’ai été inspiré par les tests de Rorschach. Ce test d’encre a attiré mon attention et j’ai fusionné mon amour pour la nature et ce test psychologique. Je l’appelle « Mirrored Trees ». Il a ensuite progressé vers la kaléidoscopie et les mandalas qui, je l’admets, sont très nouveaux pour moi.


Après que mon médecin m’ait diagnostiqué un trouble de l’humeur, j’ai essayé beaucoup de médicaments. Des antidépresseurs, des stabilisateurs de l’humeur, des anti-psychotiques (parce que je souffre d’une forme de psychose et j’entends parfois des voix) aux médicaments anti-anxiété. J’ai même essayé des suppléments naturels pour le cerveau, mais je n’ai toujours pas trouvé ce qui fonctionne pour moi. J’ai été également admis dans un établissement psychiatrique deux fois.

J’ai décidé de devenir assistance médicale et je me suis accroché à l’art et à la nature comme méthode de guérison. Cela fonctionne, mais je dois admettre que les épisodes dépressifs et psychotiques sont encore présentes en moi. J’utilise la photo parce que c’est une méthode puissante qui me permet de me libérer momentanément de mes problèmes.

Certaines personnes me disent que mes images sont horribles et qu’elles leur font peur. Ils ne comprennent pas ce qu’ils voient et parfois ils vont même jusqu’à détourner leur regard. D’autres me disent que mes œuvres calment leur esprit et organisent le fouillis qui se trouve dans leur tête. Quoi qu’il en soit, mon objectif est de me guérir par mon art et en même temps, fournir au public une expérience visuelle différente sur une base quotidienne.

Je fais tout cela pour moi, et le fait que mon art attise l’intérêt des gens n’est qu’un bonus. Mon principal objectif est de me guérir et si j’arrive à le faire, j’aimerais partager ma méthode avec d’autres personnes qui luttent contre les maladies mentales. Je dois avouer que je ne suis pas complètement guéri. Mais je progresse lentement.

Mon art est différent car il ne raconte pas seulement une histoire, c’est une expérience visuelle subjective et individuelle. Je crois que je ne devrais pas expliquer mon travail aux gens parce qu’ils peuvent l’expliquer selon leurs expériences personnelles. Chaque image que j’ai fait, amène des interprétations différentes.

Je n’ai pas vraiment d’influences outre mon mentor tardif qui m’a appris la photographie. J’apprécie regarder des photos lors d’expositions et même sur Instagram et d’autres plateformes sur la photographie. Je m’intéresse aux images et pas aux personnes qui les ont prises. C’est ainsi que je vois cet art. C’est la raison pour laquelle, parfois, je ne me souviens plus du nom d’un photographe qui a pris certaines magnifiques photos.

J’utilise différents appareils, allant des téléphones portables aux appareils photo numériques, jusqu’aux analogiques. Je n’ai pas vraiment de marques préférées parce que j’utilise ce qui est disponible au moment que je prends ma photo. Mais j’adore vraiment mon Nikon FG et les optiques 35mm et 50mm.

Pour découvrir d’autres photos de cette artiste atypique, vous pouvez visiter sa page Facebook et Instagram.

crédit photo : Ja Turla