Pourquoi j’ai échangé mon optique macro pour un 300mm sur un Nikon D500 pour photographier des papillons

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Chaque année, lorsque je voyage dans les Rocheuses pour photographier des papillons, pendant quelques brèves semaines, lors de la floraison des prairies alpines, lorsque les lupins se parent de couleurs flamboyantes, les papillons du Montana profitent de cette courte saison pour se manifester.

Cette année, j’ai testé le Nikon D500 avec l’objectif de 300mm f/4 PF VR et le téléconvertisseur TC-14E ​​III, me donnant une énorme 630mm de portée, dans l’espoir de conserver plus de profondeur de champ que mon Nikkor 200mm; mon choix habituel pour les papillons.

J’ai pris mes photos entièrement à la main, avec des valeurs ISO allant de 100 à 500 et, en fonction de l’arrière-plan, j’ai utilisé une ouverture entre f/5.6 et f/8. La plupart de mes sujets se trouvaient à 30cm de distance de la mise au point maximale – 1,4 mètres, selon Nikon – et l’éclairage allait du soleil brillant à la couverture nuageuse moyenne. J’utilisais exclusivement un collimateur et j’appliquais souvent une compensation d’exposition de -3.

Ma première impression, après avoir pris un peu de temps pour regarder tout autour de moi et de regarder les beautés de l’été dans les montagnes du Montana, c’est que cette combinaison de boîtier / objectif était légère. Je veux dire vraiment légère ! Même avec ma prise externe Nikon MB-D17, je n’ai jamais eu l’impression de porter plus que mon 24-70mm f/2.8. J’avais la puissance d’un téléobjectif sérieux regroupé dans une configuration pour les paysages.

Il existe de nombreuses critiques techniques concernant cet appareil photo et de cette optique, mais pour ce que je fais – photographier la nature dans toutes sortes d’environnements différents – tout ce qui me préoccupe, ce sont les résultats. Cela dit, la netteté et le bokeh sont plutôt subjectifs et souvent liés à l’utilisateur plutôt qu’à l’équipement.

Même s’il y a des millions de fleurs, je vois rarement un papillon passer plus de quelques secondes sur une fleur. Faire la mise au point rapidement devient alors nécessaire, et l’autofocus du D500 ne m’a pas déçu. Le téléconvertisseur a ralenti un peu la mise au pont, surtout lorsque mon sujet était proche. Mais elle n’a jamais vraiment été lente.

La profondeur de champ était nettement supérieure à celle de mon optique macro, surtout lorsque j’ouvrais l’objectif à f/8. J’ai été impressionné par ce que je pouvais faire, même à 3 ou 4 mètres, et le capteur de 20,8 mégapixels du D500 a suffisamment de pixels pour permettre de recadrer assez lourdement tout en conservant une bonne qualité d’image. Par exemple, la queue de ce papillon tigre était à un peu plus de 5 mètres de distance, et un fort recadrage permet de bien voir les détails.

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Je ne suis pas un connaisseur en bokeh, mais j’ai adoré la façon dont cette optique produisant un fond doux et harmonieux. C’était une pure magie. J’ai pris en photo ce grand argynne cybèle à f/5.6 et l’image était parfaite avec un arrière-plan qui met bien en évidence le sujet.

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Désireux d’intégrer un fourmillement de couleurs dans le style de Monet, ce fut facile d’ouvrir un peu et d’attendre le sujet rêvé.

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Quand un papillon s’est posé sur un fleur près de moi, mon téléobjectif ouvert à f/8 m’a donné un tas détails de son aile inférieure derrière l’œil en flouant juste une partie de l’aile supérieure.

Ici nous voyons un papillon sur une fritillaires les ailes grandes ouvertes et placées à l’horizontale. Mon objectif m’a permis de photographier cet insecte entièrement avec un joli bokeh.

Au cours de la matinée, j’ai parcouru plus de 4 Km et je n’ai jamais ressenti de tension ou d’inconfort, pourtant je portais mon appareil autour du cou attaché à une sangle fournie par Nikon.

Si je retourne à cet endroit – et il y a 100% de chances que je le ferai – je vais apporter un trépied lorsque les vitesses d’obturation seront inférieures à 1/500. Ce boîtier est si léger que je suis souvent incapable de prendre une photo d’un paillon en position assise. De plus, la netteté bénéficiera d’avoir une plate-forme plus robuste lorsque je ferai un gros plan. Le VR de Nikon a fonctionné comme annoncé. Avec des vitesses d’obturation jusqu’à 1/640, j’aurais eu du mal à avoir des photos nettes sans trépied. Pourtant, c’est ce que j’ai réussi à faire avec mon équipement, même si celui-ci n’est pas fait pour la macrophotographie.

En après-midi, j’ai trouvé une zone humide où une partie de la dernière neige de notre hiver fondait. Des morphos se sont regroupés sur une fleur, ce qui m’a donné une autre occasion de tester la profondeur de champ de mon téléobjectif. J’ai pu ainsi photographier plusieurs de ces petits papillons avec une mise au point suffisamment précise pour créer une image agréable, du moins à mes yeux.

Parfois il faut s’arrêter et prendre le temps d’observer, car une scène merveilleuse se passe exactement là, sous vos yeux.

Dans le Montana, les journées sont souvent courtes. Au cours de la soirée, j’ai commencé à remballer mon équipement pour retourner chez moi. Mais les papillons ont commencé à rechercher du nectar. Pour cette photo, j’ai dû utiliser une vitesse d’obturation trop lente pour geler le mouvement de ses ailes battant frénétiquement. Je l’ai regardé boire, puis vers l’ouest, le soleil descendait rapidement à l’horizon.

Juste avant de partir en camion, j’ai réussi à prendre une image d’un joli petit papillon bleu qui s’était installé sur un pissenlit. Il a fait une pause suffisamment longtemps pour que je puisse le prendre en photo. Comme la plupart de mes expéditions macrophotographiques, cette journée fut un succès. Avec mon Nikon D500 et le téléobjectif 300mm f/4 VR et le TC-14E III, j’ai découvert que je pouvais faire de très bonnes photos. C’est une combinaison que je vais utiliser maintenant pour les papillons.


Pourquoi j’ai écrit cet article ? Pour vous montrer qu’on peut faire de belles photos avec ce qu’on a sous la main. Il n’est pas toujours nécessaire d’acheter de nouvelles optiques. Il faut simplement savoir l’adapter.

Au sujet de l’auteur

Jake Mosher est un photographe de la faune et de paysages basé au Montana. Il a écrit pour le New York Times, Outdoor Life, un certain nombre d’autres magazines, et publié quelques romans. Vous pouvez découvrir son travail sur son site internet.

crédit photo : Jake Mosher

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