Voici pourquoi nous devrions cesser de nous préoccuper des tests en laboratoire comme ceux de DxOMark

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Avant d’expliquer les raisons pour lesquelles nous devrions cesser de nous préoccuper des tests en laboratoire, je tiens à souligner le fait que ce ne sont pas des attaques personnelles contre DXOMark, Imaging Resource ou l’un de ces sites qui font des tests avec les nouveaux appareils photo et les nouvelles optiques. Ce qu’ils font est légitime et c’est une façon « mathématique » de juger les performances d’un appareil photo ou d’un objectif. Voici mes explications.

Pourquoi ces tests ne sont pas très utiles

Si vous êtes un photographe depuis longtemps et que vous avez développé un ensemble de compétences, qui vous permettent de créer de belles photos, peu importe le matériel que vous utilisez, ils ne vous apporteront rien concrètement. Si vous utilisez un appareil photo Canon 5D Mark IV ou le Sony a9, aussi longtemps que vous pouvez penser de manière créative, vous aller créer de magnifiques photos, qui feront l’envie des débutants, même si ces derniers son équipée du meilleur appareil photo.

Les tests de laboratoire impliquent un processus clinique sans âme qui ne nous dit rien de la photo, sauf ce qui peut être mesuré que par machines. La netteté ? Pourquoi pas. La profondeur de la couleur ? Absolument. Mais qu’en est-il de bokeh? Qui peut dire si vous allez aimer le bokeh du Canon 50mm f/1.2L (1 500 €) ou celui du Zeiss 55mm f/1.4 (3 500 €) ? C’est très subjectif. Bien sûr, le Zeiss offrira probablement de meilleures performances que le Canon. Mais si vous mettez le Zeiss entre les mains d’un débutant et le Canon entre les mains d’un photographe professionnel expérimenté, qui est en contact avec son côté artistique, je suis certains que l’objectif Canon 50mm f/1.2L pourra produire de merveilleuses photos.

« Mieux » c’est quoi ?

De plus, qui définit ce qui est « mieux »? Il y a des années, j’ai eu cette conversation avec un ami qui était un journaliste sur les technologies et il pouvait me dire ce qui était le meilleur dans le domaine des technologies de pointe, mais cela n’a rien à voir avec l’art. Et malheureusement, la plupart du monde ne comprend pas l’art comme nous comprenons la science.

En réalité, ces tests sont très « cliniques » et assez curieusement, je suis tombé en amour avec les objectifs fabriqués par Canon même si les Zeiss sont supérieurs quant à leurs performances optiques. J’ai commencé à les aimer, car elles sont conçues pour des photographes et non pour obtenir de bons scores avec DxOMark. D’autres photographes préféreront les optiques de Zeiss. Pourquoi pas ! Le plus important est d’aimer leur rendu et non ce que disent tous ces tests. C’est le cas par exemple des objectifs « vintages ». Plusieurs photographes les aiment même si selon plusieurs tests, leurs performances optiques sont médiocres. Pourquoi ? Parce qu’ils produisent des photos qui plaisent à ces photographes

Peut-être qu’il y a certaines choses dans la vie qui sont trop précieuses pour mettre un numéro dessus. Par exemple : le bonheur, l’amour, la séduction. Dans le cas des objectifs, je l’appellerais le « charme ». Nous ne pouvons pas mettre un chiffre sur ce qualificatif. Le charme d’un objectif est un aspect trop subjectif pour qu’il soit mesuré. Un autre exemple sont les objectifs de Lomography et Lensbaby. Sont-ils les objectifs les plus extraordinaires sur le marché ? Non. Est-ce qu’ils essaient de l’être ? Non. Ils essaient d’être uniques. Et je pense que l’unicité d’une image dépasse largement une photo sans âme.

Au sujet de l’auteur

Chris Gampat est un photographe professionnel faisant partie de Magnum Photos, qui habitent à New York. Vous pouvez découvrir son travail en visitant son sa page 500px ou son compte Instagram.

9 commentaires

  1. Jamais lu le moindre de leurs tests (et mon porte monnais me remercie)… mais je conçois qu’ils rassure les acheteurs de matériels hors de pris qui ne sauront jamais l’exploiter ^^
    Pour les autres, tant mieux pour eux 🙂

    1. Je dois admettre que je me fiais parfois aux scores de DxO. Mais ce qui dit ce photographe est très logique. Surtout certaines nouvelles optiques qui sont vendues à un prix ridicule élevé. Ce n’est plus de la photo, c’est presque l’arnaque.

  2. Cet article est biaisé parce qu’il est écrit par un photographe professionnel qui possède un appareil professionnel que lindustie est en train de remplacer par une version plus performante. Il est dont clairement frustré par les tests techniques.

    La majorité des photographes amateurs qui n’ont pas les moyens de payer les milliers de dollars pour un appareil professionnel avec ses optiques se contente d’un modèle d’entrée ou de milieu de gamme. Et lorsqu’on atteint les limites de qualité ISO ou de vitesse d’obturation, on peu espérer un faible gain avec des optiques très onéreuses ou anlyser les tests techniques pour aiclairer son choix vers un appareil plus performant. Toujours faut-il disposer d’une mesure technique fiable et uniforme pour garantir des comparatifs… D’où le bien fondé des tests. Les spécifications ne suffisent pas!

    Quant aux sentiments, la subjectivité n’atteint pas la technique, on le constate par l’heuristique de jugement de l’être humain, notamment en politique…

    1. Comment faites-vous pour savoir que ce photographe possède un appareil professionnel. Il ne s’intéresse tellement pas aux tendances, qu’il fait parfois des photos avec de vieux appareils du début du siècle en utilisant le collodion humide. J’ai déjà écrit un article sur un de ses contrats: http://leblogphoto.net/2017/05/24/lorsquune-lumiere-de-6000-watts-rencontre-une-harley-davidson-et-une-plaque-humide-de-12-x-16-pouces/

    1. Nous sommes bien d’accord, mais çà n’empêche pas de nombreux « photographes » de ce masturber l’esprit sur les forums avec des crops, des test techniques en veux-tu en voilà, mais sans jamais nous montrer de belles images qui nous font, elles rêver… Et c’est bien dommage.

  3. La quantification du niveau de qualité et de fidélité du matériel optique à reproduire la réalité est une des composantes de la photographie.
    Je suis d’accord sur le fait que ce ne soit pas l’alpha et l’oméga de la création photographique.
    Cepandant, cela permet d’être conscient des limites du matériel et ne pas s’échiner à chercher à s’améliorer dans tel ou tel domaine artistique de la photo avec le matériel que l’on a sous la main.
    Et puis il faut garder à l’esprit que l’on peut toujours « casser » la qualité (pouvoir de séparation, distorsion, diffraction, vignetage,…) d’une image par post-traitement d’autant plus facilement à l’ère actuelle de la multitude d’outils numériques. Le contraire, à partir d’un « cul de bouteille », est beaucoup plus difficle pour l’instant (tant que l’ I.A. ne saura pas réinventer la réalité).
    En conclusion pour s’affranchir des légers tracas de ce photograhe, je lui conseille de se lancer dans la pratique du sténopé! La camera obscura c’est fun, non? Un tantinet limité quand même. Vive le progrès…certainement payé trop cher j’en conviens (mais c’est le moyen d’entretenir la compétition).

    1. Il fait déjà cela. C’est ce que j’aime de ce photographe, il ne se limite à aucune marque. Il utilise autant le dernier Sony que de vieux appareils du début du 20e siècle, en passant par des appareils jetables Kodak.

  4. c’est comme en moto on peut prendre son pied sur un vieux flat twin ou s’éclater sur un gsxr
    les performances ne sont pas les mêmes, mais les sensations sont externes.
    DXO offre une analyse du cul de bouteille à la Rolls et alors …

    après c’est une question de de porte monnaie, beaucoup aimeraient avoir du matériel de pro au prix du hard discount, chacun peut y trouver son bonheur, il suffit de savoir de quoi on a besoin et ne pas se laisser embobiner par la pub
    je crois que DXO est nécessaire mais pas indispensable, il n’y a pas de bible en ce domaine

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