Une photographe gagne un prix de 20 000 $ pour une « photo » faite de gribouillages et de salive

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L’artiste de Sydney en Australie, Justine Varga, a récemment remporté le prix Olive Cotton de 20 000 $ pour une photo de portrait de sa grand-mère. Le seul problème c’est que son travail n’est pas vraiment un portrait, ni une photo (du moins pas selon la définition que nous avons en photographie).

Du gribouillage

Dans le travail de Justine intitulé « Maternal Line », la grand-mère n’apparaît pas du tout. Au lieu de cela, il n’y a que des gribouillages et des traces de salive sur un morceau de film. Et comme prévu, le fait que ce travail ait été récompensé, il a suscité un tollé de protestations au sein de la communauté photographique, menant même certains juges à recevoir des e-mail haineux. Voici l’œuvre de Justine:

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Justine a été inspirée par sa grand-mère quand elle l’a vue assise à la table de la cuisine avec un pot de stylos devant elle. Elle testait chacun d’entre eux en faisant du griffonnage sur un morceau de papier. Selon l’artiste, elle voulait capturer « l’essence » de sa grand-mère au lieu de simplement photographier son visage. Elle lui a alors demandé de faire ses gribouillages sur un morceau de film et de cracher sur lui.

Comme ABC Australia le rapporte, l’artiste voit la manière dont elle a capturé sa grand-mère comme étant « intemporelle »:

Elle n’est pas une jeune ou une vieille personne. J’ai juste capturé ce qu’elle est pour moi lorsque que je la regarde et que j’ai une connexion directe avec ma grand-mère; la personne plutôt que l’extérieur de la personne.

La décision des juges d’attribuer le premier prix à cette œuvre, lequel s’élevait rappelons-le à 20 000 $ (environ 17 000 €), n’a pas vraiment été acceptée. La principale cause de réactions négatives, c’est que la photo ne montre pas une personne alors que c’était une compétition de photos de portrait. De plus, Justine n’a utilisé aucun appareil photo.

Des commentaires négatifs

Le juge Shaune Lakin, conservateur principal de la photographie au National Gallery of Australia, a déclaré qu’il avait reçu des commentaires agressifs critiquant son choix, et qu’un grand nombre de ces commentaires suggéraient que ce n’était qu’une tentative pour créer une controverse. Mais selon lui, des réactions comme ceux-ci ne tiennent pas compte de l’artiste et « diminuent ce qui était un processus vraiment compliqué ».

Bien que l’art contemporain m’a toujours fait rigoler, il y a une chose que je sais; nous vivons dans une époque bien étrange où n’importe quoi peut devenir de l’art. Et cette œuvre n’a rien à voir avec la photographie. Il y a des limites à faire n’importe quoi. Faire du gribouillage pour « capturer » l’essence d’un sujet, c’est prendre les gens pour des idiots.

Le seul intérêt que je peux voir dans ce « portrait », c’est qu’il nous permet de discuter sur ce qu’est une œuvre photographique. Peut-être que ce « portrait », nous permettra d’élargir et d’alimenter notre sens artistique ?

J’avouerai bien honnêtement en terminant, qu’en écrivant cet article, j’ai dû me retenir pour ne pas pouffer de rire. J’ai eu de la difficulté à écrire mon texte !

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7 commentaires

  1. Entièrement d’accord. Faut pas pousser mémé dans les orties quand même. Là, on prend les gens pour des abrutis. Et ça contribue à l’abrutissement général de faire croire que ceci est une oeuvre. Aucune technique, aucun talent, c’est le reflet de la bien pensance actuelle.

  2. Voila pourquoi l’art actuellement ne devrait plus être considéré comme tel… C’est du gros n’importe quoi… Moi aussi je sais cracher, gribouiller, chiffonner… pourtant je ne gagne pas 20.000€ à chaque fois…