Voici pourquoi Capture One Pro n’est pas une bonne option pour remplacer Lightroom

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Je lis parfois le blog d’un photographe professionnel qui nous explique les choses ayant un lien avec photo très simplement. Dans sa dernière publication, il nous explique pourquoi Capture One Pro n’est pas une bonne option pour remplacer Lightroom, car comme plusieurs photographes qui n’aiment pas les choix qu’Adobe offre à ses clients, il cherche donc une solution de rechange qui permettrait de se substituer à Lr tout en conservant ses nombreuses fonctionnalités qui, dans certains cas, sont très puissantes et uniques à ce logiciel. Voici un résumé de ses explications.

Capture One Pro ne peut pas remplacer Lightroom

De nombreux photographes ont été frustrés par les dernières décisions d’Adobe visant à supprimer la version autonome de Lightroom, ce qu’Adobe a déjà déclaré qu’il ne ferait jamais. Par conséquent, plusieurs photographes ont cherché des outils de post-traitement alternatifs qui pourraient remplacer complètement Lightroom.

Au cours des dernières années, j’ai utilisé le logiciel Capture One Pro de Phase One, que je trouvais très performant lorsqu’il s’agissait de post-traiter mes photos. Certaines fonctionnalités de Capture One Pro (telles que les ajustements de couleurs, les calques de réglage, etc.) sont à des années lumières de Lightroom et les défauts de Lightroom ne font que s’aggraver d’une année à l’autre. Par exemple, vous pouvez empiler des couches et des calques de réglages sur des images dans Capture One Pro sans ralentir quoi que ce soit.

Pour cette raison, j’utilise depuis un certain temps Capture One Pro, en espérant que je pourrai faire une transition complète dans le futur. Cependant, la principale raison pour laquelle je n’ai pas été en mesure de faire cette transition est l’absence de support pour l’appareil moyen format GFX 50S de Fuji, ce que j’espérais avoir dans la nouvelle version de Capture One 11 qui a été annoncée il y quelques jours.

Après avoir regardé les nouvelles fonctionnalités de Capture One Pro 11, j’en suis arrivé à la conclusion que Phase One n’a vraisemblablement pas l’intention de supporter le GFX 50S ou tout autre appareil moyen format sur le marché, pour protéger son propre système moyen format. Pour cette seule raison, Capture One Pro ne pourrait jamais remplacer Lightroom en tant que logiciel de post-traitement pour de nombreux photographes.

L’avenir du système moyen format

Grâce à Hasselblad et Fuji, nous avons maintenant plusieurs systèmes moyen format sans miroir à des prix inférieurs à 10 000 $. Hasselblad a été le premier à annoncer son X1D-50c et Fuji a emboîté le pas avec le GFX 50S. Ajoutez le reflex numérique Pentax 645Z qui est relativement bien performant, et vous avez un total de trois joueurs sur le marché du moyen format. Bien que ces options soient encore assez onéreuses, de nombreux photographes souhaitent profiter de la qualité d’image que nous offre les appareils photo moyen format.

Avec tous ces joueurs sur le marché du moyen format, le coût d’un tel système diminue à chaque année. Et avec l’arrivée du capteur 100 mégapixels capteurs en 2018, le coût des boîtiers des futures générations, va encore diminuer (surtout sur le marché de l’occasion), ce qui signifie que plus de photographes utiliseront ce système, qui deviendra la norme dans quelques années pour les photographes professionnels ou exigeants. Ils ne se contenteront plus du plein format, comme ils ne se satisfont plus des boîtiers pour amateurs dotés de capteurs APS-C.

L’écosystème des boîtiers vs les logiciels de post-traitement

Lors du choix d’un appareil photo, les photographes doivent non seulement prêter une attention particulière à l’écosystème matériel, mais aussi aux logiciels et aux options de support. Cela signifie qu’il ne faut pas oublier de vérifier si notre boîtier est supporté par un logiciel de post-traitement. Si le logiciel de post-traitement est très limité ou même pire, qu’il n’offre aucun support, le changement de système pourrait avoir de mauvaises répercussions dans le futur, notamment au niveau du temps et du coût. Pour cette raison, il est sage d’évaluer et de comprendre pleinement les risques associés à l’achat d’un nouveau système comme les appareils moyen format.

Par conséquent, Il est important de comprendre que pour que le matériel et les logiciels fonctionnent bien les uns avec les autres, les fabricants d’appareils photo doivent travailler en étroite collaboration avec les entreprises de logiciels de post-traitement afin d’obtenir un soutien complet et adéquat. Malheureusement, c’est là que les fabricants d’appareils photo ont toujours échoué. Les fabricants d’appareils photo croient qu’ils feraient mieux d’offrir leurs propres logiciels propriétaires avec leurs boîtiers, mais tout ce qu’ils font est de créer des logiciels que personne ne veut utiliser.

Nikon a offert son Capture NX-D, Canon de son côté a offert son logiciel inutile Digital Photo Professional pendant un moment et alors que je croyais que Sony était plus intelligent avec son partenariat avec Capture One Pro, il a également annoncé récemment le développement de son propre logiciel de post-traitement appelé «Imaging Edge Software Suite». Le pire d’entre eux, et de loin, a été le logiciel Photo Pro de Sigma, qui pendant un certain temps était à peu près le seul outil pouvant lire les fichiers RAW de Sigma.

Je me souviens de m’être assis avec un de mes amis, qui avait investi dans un boîtier Sigma SD Quattro, lui demandant à quoi il pensait quand il a choisi cet appareil photo, car aucun des logiciels de post-traitement que je connaissais ne pouvait ouvrir ces fichiers RAW « super détaillés ». Ce fut une expérience très frustrante et je suis reconnaissant que Sigma ait finalement décidé d’implémenter le support DNG dans ses boîtiers Quattro, de sorte que l’on puisse utiliser n’importe quel logiciel permettant de lire les fichiers DNG.

Conclusion

C’est la raison pour laquelle (et il y en a plusieurs autres), que Lightroom demeure la seule véritable option pour le moment. Il peut lire la plupart des fichiers RAW, même ceux des appareils moyen format comme le GFX 50S, depuis que Lightroom CC 2015.9 est sortie, car selon moi, comme je l’ai mentionné précédemment dans mon texte, les appareils moyen format deviendront la norme dans quelques années puisqu’ils offrent des performances au niveau de la qualité d’image, supérieures au plein format et que leurs prix diminuent d’année en année.

Il faut donc penser à long terme lorsqu’on choisit un logiciel pour lire les RAW de ces futurs boîtiers. Adobe qui ne veut surtout pas perdre trop de clients, mettra à jour son logiciel phare et par conséquent, il pourra lire les RAW de ses futurs boîtiers moyen format. Il ne fera certainement pas comme Phase One qui ne cherche qu’à protéger ses appareils moyen format en offrant aucun support aux RAW de ses concurrents.

Évidemment il existe d’autres logiciels qui peuvent lire plusieurs formats RAW, mais la plupart d’entre eux, n’offrent pas la même flexibilité que Lightroom, notamment son DAM (digital asset manager) qui est très performant et qui permet de manipuler facilement des milliers de photos. Je sais que d’autres logiciels seront présentés en 2018 afin de remplacer Lightroom, mais pourront-ils lire les RAW des futurs boîtiers moyen format ? Il faudra donc les tester avant de pouvoir affirmer que Lightroom est « dépassé ».

Au sujet de l’auteur

Nasim Mansurov est un photographe qui, à ses débuts, a décidé d’acheter un reflex numérique Nikon pour préserver les souvenirs de sa famille et c’est à partir de ce moment que son voyage dans le monde de la photographie numérique a commencé. Vous pouvez découvrir le travail de Nasim sur Instagram, 500px et Facebook. (Les opinions contenues dans ce texte n’engagent que son auteur et ne correspondent pas nécessairement à celles de ce blog sur la photo.)

9 commentaires

  1. Le titre de ce post est trompeur, il n’apporte aucune démonstration d’ordre général car il ne prend en compte que le cas des utilisateurs de matériels non reconnus par Capture One.
    Capture One – chez qui je n’ai aucune action – reste donc bien une alternative valable pour beaucoup de photographes irrités par l’attitude désinvolte d’Adobe envers ses clients.

  2. je crois en plus qu’il existe un utilitaire pour transformer le format du raw du GFX en DNG qui lui serait reconnu par Capture One…
    Au pire, on peut travailler avec C1 en tif pour la plupart des cas, c’est suffisant, et garder les raw juste pour les cas extrêmes. (Je crois que Fuji a aussi développé son propre logiciel de développement raw qu’on pourrait peut-être accouplé avec C1, j’avais cru voir ça dans un tuto)

  3. Possesseur de matériel Nikon, j’utilise Capture One Pro (X) qui est effectivement un très bon logiciel, après avoir utilisé un temps Lightroom (et essayé DXO).

    Cela dit, je suis d’accord avec le fond de cet article car ce n’est pas parce que la société Phase One a un très bon produit qu’elle peut, à mon avis, se permettre de le brider pour empêcher les utilisateurs de moyens format d’autre marques que Phase One d’en profiter.

    D’autant plus que les concurrents ne sont pas inactifs et travaillent visiblement d’arrache-pied pour pouvoir remplacer Lightroom… et Capture 1 Pro, tout en étant compatibles avec toutes les marques d’appareils de prise de vues.

    Quand je parle de concurrents, je ne parle évidemment pas de DXO vu que cette société française n’a, semble-t-il, depuis le départ d’autres ambitions que de rester une sympathique application accessoire destinée tout au plus à s’intégrer en tant que « plug in » à de véritables solutions complètes de flux de production pour photographe comme Ligthroom (solutions tellement complètes qu’elles sont en train de rendre totalement inutile l’utilisation d’applications accessoires, et donc incomplètes, comme DXO…).

    Nous avons donc là 2 sociétés, une, la viking Phase One, qui semble peut-être pêcher par excès de confiance dans la grande supériorité et l’unicité de son produit, et une autre, la française DXO qui ne semble elle envisager l’existence de son produit (et peut-être l’existence tout court…) et sa survie qu’en tant qu’accessoire ou supplétif de ceux d’autres entreprises.

    Quant aux solutions bâtardes qui consisteraient à d’abord convertir des RAW dans un autre format pour avoir la chance et le privilège de pouvoir traiter ses images dans C1 Pro (ou une autre logiciel), ça ne m’enthousiasme franchement pas…

    1. Votre commentaire explique très bien ce que l’auteur de cet article tente de démontrer. Merci pour ce commentaire d’aussi grande qualité. C’est rare de lire un texte aussi bien écrit et qui va droit au but.

      1. Pardonnez-moi d’insister… Je partage à 100% votre regret du fait que C1 soit bridé, mais j’imagine que vous-même n’êtes pas pressé de favoriser vos concurrents dans votre activité professionnelle – par exemple en leur laissant faire leur promotion avec vos meilleurs images – et que, en ce sens, vous adoptez bien légitimement une attitude similaire à celle dont vous faites grief à Phase One.
        De plus, c’est mettre bien vite Phase One au pilori alors que personne n’empêche ses concurrents de développer pour leurs clients des logiciels du même niveau que C1 ! Pour finir, quel pourcentage représentent les utilisateurs de moyens formats non pris en charge par C1 par rapport aux autres ?
        Ce qui est donc effectivement urgent, c’est que la concurrence se réveille, DxO compris car il est un peu rapide de les enterrer arbitrairement, pour nous offrir une alternative valable et – nous l’espérons – supérieure à celle constituée par LR, particulièrement en matière de traitement des fichiers RAW.
        À moins que les réactions d’utilisateurs excédés par la désinvolture d’Adobe infléchissent la stratégie de cette entreprise qui devrait pourtant se souvenir du nom de tous les leaders du logiciel aujourd’hui disparus pour avoir fini par oublier que la satisfaction des clients garantie plus de longévité que celle des actionnaires, on peut toujours rêver.
        La nature à horreur du vide, surtout quand il y a de l’argent à gagner et je suis prêt à prendre le pari que la problématique de l’alternative à Lightroom va trouver une ou plusieurs solutions pertinentes au profit de nos flux de production, car il est bien connu que ça n’est pas la facturation du temps de post-production qui nous fait vivre.

  4. c’est effectivement un soucis d’avoir C1 bridé, maintenant, s’il a su autant se développer auprès des photographes professionnel, ce n’est pas que le fruit du hasard… Les utilisateurs prennent ce qu’il y a de mieux pour leurs usages, pour le moment, je n’ai pas de moyen format mais si un jour, j’en possède un, je regarderai les logiciels acceptant les raws sans restriction, Lightroom sera éliminé d’office avec son système d’abonnement… (je suis allergique à ce nouveau système de vente forcée, je trouve que ce principe revient au final beaucoup plus cher pour les utilisateurs.)

    1. Didier, vous dites :
      « j’imagine que vous-même n’êtes pas pressé de favoriser vos concurrents dans votre activité professionnelle »

      À ça je réponds que votre comparaison n’est pas bonne, mais puisque vous me prenez en exemple en tant que photographe, alors imaginons ceci :

      Imaginons que je sois un photographe spécialisé dans le paysage, que je dispose de ma propre banque d’images en ligne avec système de paiement en ligne et qu’un jour, je me dise :

      « Tiens, et si je me faisais un peu plus d’argent en ouvrant mon site banque/vente d’images à d’autres photographes qui pourront ainsi utiliser mon outil moyennant un pourcentage que je prendrai sur leurs ventes de photos ? »…

      … mais qu’en même temps, je me dise : « Oui, mais pas question de laisser d’autres photographes de paysage utiliser mon site pour me faire concurrence, donc, je vais accepter tout type de photo sur mon site, sauf les photos de paysage. »

      Eh bien, les autres photographes, quels qu’ils soient, auraient des raisons de se dire, eux, qu’ils vont plutôt confier leurs photos à une banque d’images qui n’appartient pas à un photographe et qui ne limite pas l’utilisation de sa banque d’images pour préserver sa propre production d’images de paysage.

      Donc, pour revenir à Phase One et à son logiciel, cette société devrait, soit faire de Capture One Pro un logiciel maison destiné aux seuls possesseurs de boîtiers Phase One, soit se positionner avec Capture One Pro en tant qu’éditeur de logiciels destinés aux (à tous les) photographes et donc ne pas brider son logiciel comme elle le fait actuellement.

      1. Bien sur Éric, on peut voir les choses également ainsi, mais malheureusement pour nous photographes, Phase One ne résonnera sans doute jamais de cette façon pas plus qu’Adobe ne changera de stratégie… Il nous faut donc faire un buzz maximum pour favoriser l’émergence d’un outsider crédible capable de nous fabriquer le produit dont nous avons besoin.
        Le message est clair : il y a une place à se faire sur un marché assez vaste pour en espérer un retour sur investissements !

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