Quel papier choisir pour vos impressions ?

Vous préparez votre nouvelle exposition et vous vous rappelez soudain, en ouvrant le catalogue de votre labo, de l’offre pléthorique qu’il existe pour l’impression de vos fichiers : impression pigmentaire (ou jet d’encre), tirage argento-numérique (ou C-print), impression directe (via des encres séchées aux Uvs), sur divers papiers et supports… Chacun de ces procédés ayant ses qualités et ses défauts, il s’agit de trouver la meilleure technique répondant à la fois aux exigences de vos images et à aux contraintes techniques de votre accrochage. Que vous fassiez du portrait, de la mode ou du paysage, de la couleur ou du noir et blanc, quelques questions préliminaires pourront vous aider à mieux orienter votre choix…

 

Impression jet d’encre

Dans le cadre d’une exposition, sans hésiter, le jet d’encre est la meilleure option. Seule retenue, le coût ; mais, en dehors de cette restriction – certes de taille –, tout est à l’avantage de cette technique : gamut, choix de papiers (dont les fameux ‘Fine Art’) et de textures, précision du piqué et tenue dans le temps sont incomparables.

 

Choix du papier

Une fois cela posé, il est intéressant d’aller un peu plus avant : parmi tous les papiers que propose cette technique, vaut-il mieux choisir un brillant, un mat ou un satiné ? Et pour des photos en couleurs ou en noir et blanc, quelle option retenir ?

Les papiers brillants donnent plus d’éclat aux images et valoriseront vos teintes ; mais ils transforment les aplats noirs en miroirs et viennent souvent se coller au verre : ils sont donc à proscrire si vous avez opté pour une présentation sous cadre et/ou des images très foncées. Il faut aussi reconnaître qu’il est dommage d’utiliser des papiers hauts de gamme, comme tous les Fine Art, pour en atténuer l’aspect de surface sous une vitre… Les tirages sur papier jet d’encre prennent donc en général toute leur mesure avec une finition de type collage, ou en caisse américaine.

Tirages noirs et blancs

Arrêtons-nous maintenant un temps sur les tirages noirs et blancs. Le tirage en C-print est à proscrire : il est en effet très rare d’obtenir par ce biais un tirage réellement ‘neutre’. Les bains dans lesquels ils sont révélés et fixés, le plus souvent prévus pour des images couleurs, provoquent des virages et induisent une très légère teinte dans les gris, chaude ou froide selon les machines.

Cet inconvénient disparaît complètement, là aussi, avec le jet d’encre : les traceurs sont équipés d’un jeu de cartouches grises et noires, seules sollicitées lors de ces travaux ; les gris obtenus sont ainsi parfaitement neutres. A cela viennent s’ajouter des papiers particulièrement intéressants  : si vous aimez les noirs profonds, bien contrastés, les Barytasont sont fait pour vous (barytacar la couche d’enduction, destinée à recevoir les pigments, contient du sulfate de baryum, le composant qui donne au célèbre papier argentique baryté son lustre si reconnaissable)  ; si vous voulez un rendu plus graphique, avec des noirs très charbonneux, les papiers dits Rag, très mats, offrent des possibilités surprenantes (attention cependant à leur fragilité mécanique de surface). Ils peuvent aussi donner des effets très graphiques avec des couleurs franches.

L’impression sur plexiglass

Un choix plus inattendu, parce qu’en général réservé au domaine de la décoration ou de la signalétique, est celui de l’impression directe sur plexiglass. Sans papier – les encres sont déposées directement sur le plexiglas et séchées aux UV – c’est un support très résistant, qui ne craint pas, par exemple, les milieux humides ou salissants. L’impression elle-même est un peu moins qualitative, mais sur des images aux tons clairs et saturés, comme une plage ou un paysage de montagnes, le rendu peut être étonnant.

Vous l’aurez donc compris, c’est l’aspect général d’une image, plus que son sujet, qui conditionne le type de tirage : vos images sont-elles claires ou foncées, avec des teintes neutres ou éclatantes ? Ces interrogations conditionnent les grandes orientations du tirage ; ensuite, nous entrons dans le domaine de la subjectivité : à titre d’exemple pratique, certains, dont nous sommes, préfèrerons ne pas utiliser le Baryta pour les portraits, un peu trop ‘éclatant’ pour cet exercice, mais plutôt des papiers comme le Fine Art Pearl de Hanhnemühle, un lustré un tout petit moins contrasté que le Baryta du même fabricant.

Mais c’est là surtout une affaire de goûts – et d’expérimentations !

Un commentaire

  1. Si vous voulez que votre tirage acquière une certaine rareté, le tirage argentique sur Lambda est une option. Bien que le procédé débute avec un fichier, le papier est passé par le fixateur et le révélateur classique. Les machines ne sont plus fabriquée par Durst et finiront par s’éteindre. Le choix du papier est par contre très limité mais on peut faire de très beaux tirages en satiné.

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