Emery Jacquillat : ‘Le Black Friday est une catastrophe pour la planète et ne profite qu’à Google et Amazon »

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Je n’ai jamais été un très grand partisan du fameux « Black Friday » et il semble bien que je ne sois pas le seul. En effet, le propriétaire de la Camif, a décidé de boycotter cette folie en fermant sa boutique en ligne. Créé en 1947, la Camif était au départ une coopérative d’achat réservée aux enseignants. En 2008 elle fit faillite. Depuis qu’elle a un nouveau propriétaire, cette entreprise est de nouveau rentable et se spécialise dans l’aménagement intérieur durable. Mais pourquoi a-t-elle décidé de boycotter le « Black Friday » ?

Emery Jacquillat, son propriétaire nous explique son choix :

Le 13 novembre 2017, 15 000 scientifiques ont poussé un cri d’alarme sur l’état de la planète, déclarant que nous n’avions plus beaucoup de temps pour changer les choses et d’échapper à une catastrophe comme la planète n’a jamais connu auparavant. Quelques jours plus tard, tout le monde ne parlait plus que du « Black Friday ». Cette étrange fête où les gens surconsomment sans trop réfléchir, c’est un peu comme ce qui est arrivé au Titanic : tout le monde danse sur le pont alors que le bateau coule !

La Camif, a donc choisi de fermer ses boutiques en ligne pour contrer cet évènement, qui dans la réalité, ne profite qu’à Google et Amazon. En effet, selon Emery, Google gagne de l’argent en publicité pour finalement transmettre le message de magasiner sur la populaire boutique en ligne Amazon, qui de son côté, mettra de la pression sur ses fournisseurs afin qu’ils réduisent les prix. Selon lui, au final, c’est l’environnement qui en est victime.

Au lieu de participer aveuglément à cette fête de la consommation, la camif en mit en ligne un site pour que les acheteurs plus conscients de notre environnement et de l’état précaire de la santé de notre planète, puissent donner des objets dont ils n’ont plus besoin. L’idée n’est pas de simplement boycotter le « Black Friday », mais d’éveiller les consciences des consommateurs.

Emery poursuit ses explications :

Aujourd’hui, les acteurs de l’économie durable sont exposés à une concurrence féroce de producteurs étrangers qui ne respectent aucun critère environnementale ou sociale. Alors évidemment c’est moins cher, mais en consommant sans réfléchir, les Français hypothèquent leur propre avenir et celui de leurs enfants.

Emery nous explique qu’il y a peu de temps, ils ont lancé une pétition pour exiger une baisse de la TVA de 20 à 10 % pour les produits fabriqués localement et avec des matériaux durables. « C’est une façon de combler l’écart de prix mais surtout de donner à ces produits une visibilité pour les consommateurs emballés par les fausses ou petites économies du « Black Friday » », nous explique le propriétaire de cette boutique en ligne.

Il termine en disant :

On espère que Nicolas Hulot intégrera cette baisse de la TVA dans sa feuille de route sur le développement durable, qui devrait être dévoilée en mars 2018.

Si vous n’êtes pas un partisan du « Black Frday », la plateforme Dream Act propose une alternative à cette célébration de la surconsommation. Nous pouvons y acheter des produits éthiques dont 50% des bénéfices sont redistribués aux associations qui prônent le développement durable et l’auto-responsabilité.

[via wedemain]

10 commentaires

  1. A la radio, le terme de « Black Friday » était prononcé tout les 2 mn…un enfer!
    Maintenant, place au Cyber Monday…

  2. Article intéressant… avec deux publicités pour le BF!
    Cela dit, si vous attendez le BF pour acheter un produit que vous auriez de toute façon acheté même sans BF, quelle est la différence?
    Tous les consommateurs ne sont pas irresponsables…
    Quant à Amazon et consorts, il serait utile d’étudier leur impact sur la planète en comparaison avec les commerces traditionnels; de plus, Amazon est une société qui perd de l’argent, prend des parts de marché au commerce de proximité mais ne cré pas de richesse supplémentaire au sens économique du terme (seuls le patron et les actionnaires s’enrichissent).

    1. Je n’ai jamais aimé cette histoire du BF. Selon moi c’est comme Noël, les gens achètent pourquoi ? Parce que c’est Noël. Cela devient un automatisme. Je ne participe pas à cette folie de la consommation et je m’en porte très bien.

      1. Oui mais à noël c’est aussi cher que d’habitude.
        Le Black Friday a tjs ds prix moins chers.

        Du reste je ne suis pas bien fan non plus, j’ai reçu 200 pubs…

        Ne nous leurrons pas, si on ne consomme pas, la machine se grip.
        Et la machine technologique surtout!

        Ça vaut pour la photo aussi d’ailleurs…

      2. Et en achetant un appareil photo pour faire des photos, un ordinateur pour les traiter et partager votre blog, et tous les accessoires liés à votre passion, ne pensez vous pas participer «  »à cette folie de la consommation »?

        1. Non car j’ai fais tout cela progressivement. De plus j’ai le même reflex depuis 7 ans. Ce n’est pas ce que j’appellerais de la surconsommation !

  3. Ce jour là je me suis abstenu de toutes consommation hors des boutiques locale de biens de nécessités quotidiennes.
    Ensuite je n’utilise les achats par Internet qu’en dernier recours, c’est donc très rarement (une fois par ans environ et je ne passe jamais par les grandes enseignes du Net.
    Ma vie est locale alors mes commerçants aussi.
    Eric E-B.

  4. Le sujet vient faire quoi ici ?
    De la politique bobo pseudoecoloanticapitalistique en lutte contre les nouveaux moulins a vent d’internet ?

    1. Le BF a envahi le web notamment Amazon, lequel vend des articles destinés aux photographes, donc je crois que le sujet touche le monde de la photo à bien des niveaux.