Le Canon EOS R5 Mark II marque un vrai pas en avant dans la gamme des appareils hybrides Canon. Successeur du Canon R5 lancé en 2020, il embarque un capteur semi-empilé de 45 Mpx qui promet des performances inédites en photo comme en vidéo. Que vous soyez photographe de mariage, fan de sports extrêmes ou passionné d’animalier, le R5 Mark II va vous épater par sa polyvalence et sa qualité optique. J’ai mis ce boîtier à l’épreuve dans différentes situations (scènes de nuit, mariage, animalier) et je l’ai confronté aux meilleurs modèles de Sony, Nikon et Fujifilm. Alors, le Canon R5 Mark II est-il le meilleur hybride que j’ai testé ? C’est un grand oui, même s’il n’est pas exempt de défauts ! Plus d’infos dans ce test complet du Canon R5 Mark II.
💡 Pour aller plus loin : j’ai déjà évoqué les spécifications techniques et fait certains tests ciblés ici :
- Canon R1 et R5 Mark II : une (r)évolution, deux ambiances ?
- Canon (et Sony) se trompent ?! R1 et R5 mark II en détail !
Les caractéristiques du Canon R5 Mark II
- Capteur : CMOS empilé et rétroéclairé plein format de 45 mégapixels
- Processeur : DIGIC Accelerator et DIGIC X
- Stabilisation : oui jusqu’à 8,5 stops
- Viseur : OLED de 0,5 pouces
- Écran : LCD avec 2,1 millions de points
- Taille de l’écran : 3,2 pouces
- Sensibilité ISO : 100 à 512000
- Mode vidéo : 8k 60ips
- Tropicalisation : oui
- Dimensions : 138,5 x 101.2 x 93,5 mm
- Poids : 656 g
- Prix : 4 749 €
Présentation du Canon R5 Mark II
Un design toujours aussi ergonomique

Le boîtier du Canon R5 Mark II reste fidèle à l’ergonomie des appareils Canon. D’ailleurs, c’est la forme de boîtier que je préfère sur le marché. La principale nouveauté concerne le repositionnement du switch On/Off, qui se trouve désormais à droite. Un changement mineur, mais qui change la vie !
En revanche, le switch photo/vidéo a pris la place de l’ancien switch On/Off à gauche, et c’est beaucoup moins pratique. Ça oblige à manipuler le boîtier avec deux mains puisqu’il faut lâcher l’objectif pour changer de mode. On sent que Canon tâtonne encore sur la meilleure configuration, car la position de ces boutons change d’une génération à l’autre.
Côté connectique, le retour d’un port HDMI pleine taille est un réel plus. Le micro HDMI était trop fragile, donc ce changement était très attendu.
Un autre ajout pratique : une lampe témoin à l’avant, très utile sur le terrain pour savoir si l’appareil est en train de travailler.
Un écran LCD tactile performant
L’écran LCD du R5 Mark II reste similaire à celui de son prédécesseur. Il est tactile, réactif et agréable à utiliser, offrant une expérience proche de celle d’un smartphone.

Cependant, le même défaut persiste : lorsqu’on augmente la luminosité de l’écran, les blancs semblent cramer. Difficile de savoir si c’est l’effet de la luminosité ou si les blancs sont vraiment surexposés. Un souci typique chez Canon, qu’on ne retrouve pas forcément chez les autres constructeurs.
Un écran déporté pratique mais à perfectionner

Le Canon R5 Mark II conserve son écran déporté, très pratique pour se voir quand on est face à la caméra. Toutefois, certains constructeurs comme Sony ou Panasonic ont réussi à propose des écrans qui peuvent rester dans l’axe tout en se déportant. C’est une fonctionnalité qui manque encore à ce modèle et que j’aurais aimé voir apparaître.
Côté viseur, peu d’évolutions, mais une nette augmentation de la luminosité. En plein été avec des lunettes de soleil, c’est très pratique d’avoir un viseur aussi lumineux.
Nouvelle batterie : compatibilité et autonomie améliorée
Avec le R5 Mark II, Canon introduit une nouvelle batterie : la LP-E6P. Bien que les anciennes batteries soient toujours compatibles, certaines fonctionnalités sont désactivées si vous ne passez pas à la nouvelle génération.
Les anciennes batteries peuvent dépanner, mais pour profiter pleinement des capacités du boîtier, il sera nécessaire d’investir dans ces nouvelles batteries, qui coûtent tout de même 109 € l’unité. À noter qu’il n’existe pas encore de modèles compatibles chez les marques tierces.
Concernant l’autonomie, j’ai été bluffé ! Le Canon R5 Mark II tient aussi bien en photo qu’en vidéo. Il offre une autonomie rassurante pour les longues sessions. Quand on se rappelle des problèmes d’autonomie du Canon R5C, on se demande comment Canon a réussi à résoudre ce problème. Ils ont vraiment bien bossé sur la gestion de l’autonomie !
Un capteur empilé de 45 Mpx : une vraie avancée
La grande nouveauté de ce Canon R5 Mark II, c’est son nouveau capteur de 45 millions de pixels empilé. Cette technologie change tout, notamment en matière de rolling shutter. Grâce à une lecture du capteur beaucoup plus rapide, on observe une nette amélioration. Certes, on n’atteint pas le niveau des plus rapides comme le Nikon Z8, mais le progrès est indéniable.
Comparaison de la dynamique : Canon R5 Mark II vs Sony A1 vs Nikon Z8
En termes de dynamique, j’ai mesuré 11,4 stops utilisables en obturation mécanique. Ça représente 0,4 stop de moins que le Canon R5, mais c’est équivalent à un Sony A1 ou un Nikon Z8. On est donc conforme aux standards du marché.


L’autre nouveauté intéressante, c’est que même en utilisant l’obturation électronique, le RAW 14 bits est préservé. Il y a une légère perte de 0,5 stop entre l’obturation mécanique et électronique, mais la différence est presque imperceptible. Sur le Canon R5, passer en obturation électronique signifiait une perte importante de dynamique et une montée en ISO moins maîtrisée.
En termes de montée en ISO, le R5 Mark II fait légèrement moins bien que la première génération. Toutefois, il faut vraiment zoomer à 100 % pour remarquer cette différence. Si la majorité de vos photos sont prises à haut ISO, le Canon R5 de première génération reste un excellent choix. Cela dit, le R5 Mark II reste dans la norme des capteurs 45 Mpx actuels.
Flexibilité des fichiers RAW
Pour la flexibilité des fichiers RAW, Canon a conservé l’obturation mécanique, contrairement à Nikon. En photographie de paysage, cette obturation mécanique permet de mieux déboucher les ombres.

On remarque une différence notable entre les résultats obtenus avec l’obturation électronique et mécanique.

Même si, globalement, le R5 Mark II fait un excellent travail, le capteur du R5 était légèrement supérieur, notamment en photo de nuit à 3200 ISO où les ombres étaient mieux débouchées.
Une colorimétrie retravaillée

Certains testeurs ont remarqué une amélioration dans la colorimétrie. Si certains trouvaient que les tons de peau sur les reflex et les Canon R5 et R6 avaient une teinte rougeâtre trop prononcée, il semble que Canon ait corrigé ce problème. Les RAW paraissent plus clairs et plus détaillés.
➡️ Même si la qualité d’image du R5 Mark II est légèrement en retrait par rapport à son prédécesseur, c’est un choix délibéré. Ce compromis permet au boîtier de se positionner comme un appareil parfaitement adapté aux besoins des photographes sportifs professionnels, en particulier lors d’événements comme les Jeux Olympiques. Une évolution majeure, là où personne n’aurait pensé amener un R5 première génération sur un tel terrain.
L’autofocus du Canon R5 Mark II
Le capteur empilé permet de ne plus avoir de black-out pendant les prises de vue. On profite ainsi d’une visée libre, sans aucun voile. C’est très confortable sur le terrain.
Lorsque l’on teste véritablement l’autofocus, notamment dans des conditions extrêmes comme les sports ou les scènes à faible luminosité, le boîtier montre toute sa puissance. Même dans des environnements où d’autres appareils auraient du mal à accrocher le sujet, le R5 Mark II se montre impressionnant. Peu importe la vitesse du sujet ou les conditions de contraste, il reste capable de verrouiller et de suivre le sujet avec une précision remarquable.


Ici, l’autofocus du R5 Mark II parvient à identifier la tête du sujet et à garder une mise au point constante, malgré la rapidité de la scène. La détection des sujets est incroyable !
Autofocus en photographie animalière

Le mode autofocus du R5 Mark II est tout aussi performant en photographie animalière. Peu importe le type d’animal, l’appareil parvient à verrouiller l’œil du sujet, même dans des situations complexes où le sujet est petit ou masqué par un obstacle, comme une branche.
Ce niveau de performance n’est pas indispensable dans toutes les situations, il apporte un confort inégalé sur le terrain. Le tracking se laisse très rarement piéger, permettant de se concentrer sur la composition plutôt que sur la mise au point.
➡️ Le pourcentage de déchets du Canon R5 Mark II est incroyablement bas. C’est la première fois que je teste un appareil avec si peu de déchets.
Pré-capture de 0,5 secondes
Le Canon R5 Mark II introduit la pré-capture, une fonctionnalité qui permet de récupérer 0,5 seconde de photo avant le déclenchement. C’est un véritable atout pour des scènes rapides, comme un oiseau qui prend son envol. Vous aurez toujours l’image du décollage, même si vous appuyez légèrement après.
À noter : c’est une pré-capture en RAW, il n’y a plus de pile de RAW.
La pré-capture aurait pu être encore plus efficace si elle capturait une seconde complète. Cela permettrait une plus grande marge de manœuvre, car le temps de réaction humain est souvent de 0,5 seconde. Pour autant, je n’ai jamais manqué de capturer le moment crucial d’une scène, cette fonction est très bien pensée.
Les petites imperfections de l’autofocus
L’autofocus du Canon R5 Mark II n’est pas sans défauts. Parfois, il peut sauter d’un sujet à un autre ou se laisser perturber par l’arrière-plan, bien que ce comportement soit moins fréquent que sur un R6 Mark II. En ajustant correctement les paramètres de l’autofocus, on peut réduire ces petits désagréments, mais ils existent encore. Malgré ses excellentes performances, ce système n’est pas 100 % infaillible.
Les capacités du buffer
Dans mes premières vidéos, je m’inquiétais de la capacité du buffer, craignant qu’il ne soit trop juste. Après l’avoir testé dans de multiples situations, je peux affirmer que je n’ai jamais saturé le buffer sur le terrain. Que ce soit en rafale ou en enchaînant des prises rapides, il tient très bien le coup. Pas de souci à se faire de ce côté-là, le Canon R5 Mark II gère parfaitement.
Le Canon R5 Mark II a-t-il un autofocus supérieur à celui du Canon R3 ?
Beaucoup se demandent si le Canon R5 Mark II fait mieux que le Canon R3, que je considérais jusqu’à présent comme le meilleur autofocus du marché.
👉 La réponse est oui, notamment dans des scènes complexes ou des sports extrêmes.
Le R5 Mark II se montre plus réactif et précis, notamment lorsqu’il s’agit de trouver la tête du sujet alors que le R3 s’arrête parfois au corps.


Dans des situations où le Canon R3 pouvait se laisser tromper, comme par exemple par une barre devant le sujet, le R5 Mark II garde son focus.
Pendant des scènes difficiles, comme au coucher du soleil avec une faible luminosité, le R5 Mark II s’accroche au sujet de manière beaucoup plus précise et offre une meilleure exposition, là où le R3 peine parfois à maintenir une mise au point nette.
Le Canon R3 était déjà à un niveau incroyable, mais on voit quand même une belle amélioration entre les deux. Le R5 Mark II surpasse son prédécesseur dans des conditions complexes et ne se fait jamais prendre au piège comme peut le faire le R3.
Utilisation du Canon R5 Mark II aux Jeux Olympiques

Pendant les JO, j’ai suivi Jeff Cable, un photographe professionnel américain qui a couvert 7 Jeux Olympiques. Ce qu’il a photographié de plus difficile pendant les JO, c’était la gymnaste Simone Biles : les mouvements sont rapides et imprévisibles.
👉 Avec le Canon R3, il obtenait environ 15 % de photos nettes dans ces conditions.
👉 Avec le Canon R5 Mark II, il estime avoir atteint un incroyable 90 % de photos nettes sur ces mêmes scènes.
Bien qu’il disposait d’un Canon R1 et d’un R5 Mark II pendant les JO, il a rapidement abandonné le R1 au profit du R5 Mark II. La raison ? L’autofocus est plus performant, mais avec l’avantage d’un boîtier plus compact, plus léger, et d’une résolution supérieure, ce qui lui permet de recadrer facilement ses images.
➡️ Le Canon R5 Mark II s’impose comme un choix privilégié, même pour des professionnels de haut niveau lors de grands événements sportifs.
Qualité vidéo du Canon R5 Mark II
Le Canon R5 Mark II a aussi fait sa révolution en vidéo, mais il n’est pas sans compromis. Voici un tour d’horizon des performances vidéo de ce boîtier.
Suréchantillonnage limité en 4K
Le Canon R5 Mark II propose du suréchantillonnage uniquement en 4K 25p. Les modes 4K 60 fps et 4K 120 fps sont d’une qualité légèrement inférieure. Toutefois, peu de personnes seront capables de faire la différence sur des scènes normales. Mais en labo, comme sur cet exemple, on voit quand même quelques artefacts.

Un peu dommage, surtout en sachant que le Nikon Z8 ou le Canon R6 Mark II proposent une 4K 50p haute qualité, contrairement au Canon R5 Mark II. Vous avez toujours la possibilité de faire de la 8K 60fps ou du SRaw, mais pas de 4K 50 oversamplé.
Une montée en ISO maîtrisée
Concernant la montée en ISO en vidéo, le Canon R5 Mark II s’en sort très bien. De 100 à 12 800 ISO, le bruit monte progressivement et reste parfaitement gérable.
En comparaison avec les autres boîtiers du marché, il se défend bien et surpasse même certains concurrents comme le Sony A1.

Un rolling shutter nettement amélioré
Le passage à un capteur empilé a considérablement réduit le rolling shutter sur le Canon R5 Mark II. Lors de scènes rapides, les déformations que l’on observait sur le R5 premier du nom ont quasiment disparu.
Les images sont beaucoup plus stables, comme on le voit sur ces roues de manège qui restent parfaitement rondes, là où elles se distordaient sur la génération précédente.

L’apparition du C-Log2 : un game changer
L’une des révolutions de ce Canon R5 Mark II, c’est l’inauguration du C-Log2. Il offre une dynamique étendue par rapport au C-Log3. Résultats ? Une meilleure gestion des ombres, des images moins contrastées et un gain de 1,7 stop en dynamique.
En plus d’offrir plus de détails, le C-Log2 est également plus facile à étalonner.

En C-Log2, on a un ISO natif à 800 ISO et un second à ISO 4000. Quand on passe de ISO 3200 à ISO 4000, le bruit diminue d’un coup. Un dual ISO plutôt pas mal donc !
Autofocus performant et tracking des sujets
On profite aussi des avancées de l’autofocus sur toute la partie vidéo, à savoir détection des sujets, tracking, etc. Le progrès par rapport au Canon R3 est flagrant.
Le Canon R5 Mark II est le premier boîtier plein format à proposer de la 2K 240fps. Habituellement, on a seulement du 1080p. Ici, ça nous donne une meilleure résolution et une possibilité de faire un ralenti 10x. Et même en 2K à 240fps, l’autofocus reste ultra-précis.
En vidéo, le R5 Mark II ne souffre pas des hésitations que l’on pouvait observer sur le R3. Le tracking des motifs est désormais fiable, même lorsqu’il s’agit de suivre un produit ou un sujet en mouvement, rendant l’appareil beaucoup plus polyvalent.
Stabilisation et wobbling : des améliorations notables
La stabilisation du Canon R5 Mark II a également fait des progrès, notamment en réduisant les effets de wobbling (tremblements sur les bords de l’image), un problème souvent critiqué sur le R5 et le R6.
Quant à la stabilisation (8,5 stops), c’est actuellement la meilleure du marché. Les résultats sont très propres, même en marchant à main levée à 16 mm.

De plus, Canon introduit pour la première fois sur du plein format la fonction de niveau automatique. Cette option permet de redresser automatiquement l’horizon grâce à la stabilisation. C’est très pratique en vidéo !
Aucune surchauffe
Bonne nouvelle pour les vidéastes, le Canon R5 Mark II ne souffre pas des problèmes de surchauffe rencontrés par son prédécesseur.
Pendant mes tests, l’appareil n’a pas surchauffé même en filmant 25 minutes en 4K 120p. Pour les plus exigeants, il est possible d’ajouter un grip avec ventilation active, idéal pour des tournages prolongés en 8K 60p. Canon semble avoir tiré les leçons des critiques faites sur la première génération.
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