Des photojournalistes demandent aux fabricants d’appareils photo d’offrir un cryptage de leurs données

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Quelque 150 cinéastes documentaristes et photojournalistes ont demandé à Canon, Nikon, Sony, Fujifilm, Ricoh et Olympus d’offrir un cryptage, qui serait optionnel, dans leurs appareils photo. Ces cinéastes ont signé une lettre ouverte à la « Freedom of the Press Foundation » exprimant leurs préoccupations quant à la façon dont les appareils photo numériques gèrent les images et la vidéo.

Une fonctionnalité indispensable

Selon le site Wired, la directrice de Citizenfour, Laura Poitras, qui a signé cette lettre, a expliqué que lorsqu’elle réalisait son documentaire concernant le dénonciateur de la NSA Edward Snowden à Hong Kong, les autorités auraient pu entrer à n’importe quel moment, confisquer son appareil et avoir un accès à sa vidéo sur la carte mémoire. Elle a expliqué que cette absence de protection rendait les photojournalistes vulnérables face à des régimes autoritaires ou ne respectant pas les lois sur la liberté de presse.

Poitras estime que pour être vraiment efficace, le chiffrement doit se faire depuis l’appareil, à l’intérieur même de celui-ci. Son inquiétude est partagée par d’autres cinéastes et photojournalistes, en particulier ceux qui couvrent les zones de conflit ou sont sous le radar des régimes oppressifs.

Alors que le cryptage pourrait en outre aider les journalistes à protéger leurs sources, la mise en œuvre de cette fonctionnalité ne serait pas simple à faire. Le chiffrement est une caractéristique commune sur les téléphones modernes et les ordinateurs, mais pour les fabricants d’appareils photo cela s’avère être un investissement important. La seule façon de concevoir un cryptage fiable serait de créer de nouveaux appareils, car les boîtiers tels qu’ils sont construits présentement, offriraient des performances réduites puisque ces derniers devraient non seulement traiter l’information venant du capteur, mais également crypter ces données de façon efficace et surtout rapidement.

Nikon répond

Alors que ces 150 cinéastes ont fait part de leurs inquiétudes à la « Freedom of the Press Foundation » sans savoir s’il y aura des suites à leur demande, Nikon a au moins répondu en disant qu’elle est «en permanence à l’écoute des besoins d’un marché en évolution et continuera d’évaluer les caractéristiques de ses produits selon les besoins des utilisateurs.  »