La photographie et la solitude dans un monde sur-connecté

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Le monde n’a jamais été aussi connecté comme il est maintenant. La communication et les technologies Internet ont permis de rester en contact avec tous nos amis, peu importe où ils vivent. De nos jours, il est probablement impossible de trouver une personne qui n’utilise pas les réseaux sociaux et les applications de messagerie instantanée, qui sont devenus une partie intégrante de notre vie. Beaucoup de gens ne peuvent même pas imaginer leur routine quotidienne sans ce mode de communication en ligne. Pourtant, nous sommes plus solitaires que jamais.

Selon une étude, le nombre de personnes qui se sentent seules est en constante augmentation. Ce sondage réalisé par la Fondation pour la santé mentale a révélé qu’une personne sur dix au Royaume-Uni se sent souvent seule, alors que 48% des répondants croient que les gens sont de plus en plus solitaires.

Une épidémie qui touche la photographie

Il semble que le sentiment de solitude soit une véritable épidémie de notre société. Mais pourquoi nous nous sentons si seuls? Avez-vous déjà été travaillé dans une compagnie dans laquelle vous ne trouviez personne qui avait des points en commun avec vous? Si c’est le cas, dites-vous que vous n’êtes pas un cas unique. La solitude est essentiellement un manque de compréhension, peu importe si vous êtes seul ou non. En fait, ce sentiment peut être encore plus intense lorsque vous êtes parmi des gens qui ne vous ressemblent pas.

L’écrivaine Olivia Laing a examiné l’idée de la solitude, en particulier la solitude des citadins, à travers les oeuvres et la vie d’un certain nombre d’artistes. Selon elle, c’est un royaume le plus profondément habité, et exprimé couramment, par les artistes visuels. Elle ose également dire que si l’amour appartient au poète et la peur au romancier, alors la solitude appartient au photographe. Être photographe, c’est entrer dans le monde des solitaires, parce que c’est un exercice artistique profondément personnel.

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Un écrivain crée un monde, et il en est le souverain; le photographe se déplace dans le monde, dans l’espoir de l’anonymat, dans l’espoir qu’il soit assez humble pour voir et enregistrer ce que le reste d’entre nous ne voit pas. En résumé, pour pratiquer cet art, cela exige de s’effacer devant ses sujets. Mais trop souvent, les photographes amateurs commettent une erreur.

La culture populaire et notre dépendance excessive des médias sociaux nous ont fait croire que la communication humaine était basée sur la quantité, plutôt que la qualité. Pour démontrer cette contradiction, permettez-moi de vous poser deux questions simples: Combien d’amis sur Facebook avez-vous et combien sont pour vous de véritables amis ? Je parie que la plupart d’entre vous ont des centaines d’amis sur Facebook mais que vous connaissez le nom de seulement quelques-uns d’entre eux.

la qualité plutôt que la quantité

Comme vous le voyez, ce qui nous manque vraiment dans ce monde moderne est un lien profond et significatif avec les autres. Nous sommes constamment entourés par des gens et pourtant, nous nous sentons rarement proches de quelqu’un émotionnellement. Le photographe fait partie intégrante de ce mouvement s’il ne parvient pas à se soustraire de cette habitude où la quantité a remplacé la qualité.

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Si vous y réfléchissez, il est logique que la communication humaine soit devenue si superficielle, puisque toute la culture dominante est basée sur la superficialité. Nous nous sommes faits pour croire que nous avions besoin de satisfaire nos besoins via des liens irréels, qui nous éloignent en fait de la véritable amitié; celle qui nous procure un sentiment de bien-être et qui nous lient émotionnellement aux autres.

N’oubliez pas que la seule façon d’éviter la solitude, que vous soyez photographe ou non, n’est pas de simplement communiquer avec les gens. Il s’agit d’établir un lien profond, ainsi que d’être une personne autonome qui n’a pas besoin de l’approbation des autres pour se sentir bien. La solitude ne se comble pas en se faisant des amis, mais en recentrant sur nous-mêmes, afin de pouvoir partager avec les autres un état de plénitude qui saura attirer les bonnes personnes pour nous.

Être soi-même !

Le photographe doit s’impliquer dans cette démarche, choisir les bonnes personnes et partager en établissant des liens profonds avec d’autres passionnés. Si vous ne faites que déclencher pour avoir des « j’aime » sur Facebook ou sur un forum photo, vous ne dépasserez jamais le stade de la superficialité. Vous serez un être anonyme parmi les milliers de photographes qui font l’erreur de simplement copier les idées des autres, ou qui croient que pour être un bon photographe, il faut faire comme ce que disent les « professionnels », sans jamais parvenir à être vraiment vous-mêmes.

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Au sujet de l’auteure

Olivia Laing est une écrivaine originaire du Royaume-Uni. Elle est l’auteure de plusieurs livres analysant les phénomènes de la modernité, notamment la photographie. Elle a été chroniqueuse pour The Guardian, New Statesman, Observer et le New York Times. Vous pouvez suivre son travail en visitant sa page web. Vous pouvez également lire des extraits et des commentaires concernant son dernier livre « The Lonely City« .

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