Michelle Mackie : Comment utiliser l’obscurité de votre psychisme pour influencer votre photographie conceptuelle

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Des générations de musiciens ont exprimé leur chagrin à travers leur médium, mais chercher de l’inspiration dans ces lieux sombres est un peu une niche en photographie amateur. J’ai découvert le talent émergent de la Britannique Michelle Mackie à travers ses photos, dans lesquelles elle extériorise ses humeurs maussades dans sa photographie conceptuelle.

La photo comme thérapie

Le travail de Mackie a d’abord attiré mon attention sur Instagram. Son portfolio est une collection d’images composites qui ont des thèmes communs de modèles féminins et de tons changeants, qui rendent hommage aux influences de l’horreur et des contes de fées. J’ai tout de suite voulu en savoir plus sur cette photographe, et d’où lui est venue l’inspiration pour ces composites intrigants et sombres.

La narration conceptuelle de Mackie est venue des histoires «bizarres et merveilleuses» de son grand-père quand elle était enfant. Malheureusement, il est décédé il y a cinq ans, mais pas avant d’avoir offert à Mackie en héritage des instructions strictes de dépenser «pour quelque chose qu’elle voulait pour elle-même.» Ce n’est pas aussi facile que ça, explique Mackie :

J’ai subi des pertes massives avant, et c’est à ce dernier moment que j’ai dû faire la paix avec moi et mes pensées maladives, et cela a changé ma vision et mon point de vue de ma vie et de notre monde. »

Pourtant, elle a respecté ces restrictions et a acheté son premier appareil photo plusieurs années après la mort de son grand-père; un Canon 650D, et plus tard un Canon 5D Mark III.

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Sans expérience et quelques cours du soir à son actif, Mackie a rapidement trouvé sa «thérapie» et avait maintenant quelque chose à faire «avec toutes ces histoires perturbantes « Je peux visiter des endroits clairs et sombres dans mon esprit sans avoir peur de les embrasser. Je peux profiter de mon imagination et laisser les autres voir juste une petite partie de moi « , nous explique Mackie.

Pour elle la photographie est devenu une thérapie pendant les moments de deuil, mais alors que certains expriment leurs sentiments dépressifs et sombres par des pleurs et des thérapies elle le fait avec son appareil photo, Mackie ne prend pas son appareil photo avant que ses pensées ne soient conceptualisées dans un cahier, en choisissant son modèle, et en repérant l’emplacement où elle réalisera sa photo.

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«The Hairdryer»

L’une de ses pièces maîtresse est la série intitulée «The Hairdryer», une représentation d’un modèle féminin s’exprimant avec juste un sèche-cheveux. « L’idée derrière cet ensemble était un mélange de féminisme, de sexualité et de pensées suicidaires sombres. Le sèche-cheveux représente une arme à feu, et comment une femme avec un pistolet sur la tête peut être sexy», nous explique Mackie. Elle teste son auditoire pour interpréter ses images, plutôt que d’être littérale avec un pistolet, cette nébulosité intentionnelle est cohérente dans son travail.

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La force intérieure

Utilisant uniquement la lumière naturelle, Mackie a déjà noté le concept et a choisi un mur fissuré et plâtré sur lequel elle a placé son sujet. Le format carré et la pose de son modèle mènent l’œil aux fissures sur le mur, mais c’est la colonne vertébrale sur le dos du modèle qui crée l’intrigue dans ses images. « Nous avons essayé quelques poses, mais c’était parfait. Après avoir ajouté le haut du mur en « post-processus », j’ai ajouté des fissures dans le mur. Les fissures provenaient d’une texture qui avait de la peinture craquelée.  »

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Voici un « speed editing » de Mackie retravaillant sur une photo intitulée «Entrapment», qui met en évidence son utilisation subtile de la lumière et des textures en utilisant diverses méthodes et outils qu’elle utilise pour créer ses images.

Le travail de Mackie n’est pas l’œuvre d’une étudiante en arts ou d’une professionnelle dévouée, mais d’une mère de deux enfants qui considère la photographie comme une forme d’expression des histoires mystiques dans son esprit, influencée par les moments les plus sombres de sa vie. Elle n’est pas limitée par son inexpérience ou son équipement, seulement par son imagination et son temps libre.

crédit photo : Michelle Mackie