Quel obturateur choisir ? Mes conseils pour s’adapter à toute situation

quel obturateur choisir

Dans cette série d’articles autour des différents types d’obturateurs, on a expérimenté plein de choses : avantages et inconvénients de chacun, rolling shutter, impact de la stabilisation sur les vibrations… Il est maintenant temps de faire le bilan ! Et pour vous aider à vous y retrouver, voici les utilisations les plus adaptées pour chaque mode d’obturation. 

Connaître les inconvénients de chaque obturateur 

Ils ont tous leurs points forts et leurs faiblesses. En fait, on va en choisir un pour éviter les défauts de l’autre. Petit récapitulatif : 

  • L’obturateur mécanique : plus sensible au flare, assez bruyant, produit des vibrations dues au shutter shock à 1/10e et 1/20e, réduit la cadence de rafale et limite la vitesse d’obturation à 1/4000e ou 1/8000 sur des appareils ultras haut de gamme. 
  • L’obturateur électronique : sujet au banding en éclairage artificiel, sensible au rolling shutter (une déformation de l’image sur des sujets en mouvement rapide), incompatible avec le flash, la pose longue et le mode BULB. 
  • Le premier rideau électronique : il combine 95 % des avantages de l’obturateur électronique et 5 % des défauts de l’obturateur électronique, à savoir le banding et le rolling shutter. Au-dessus de 1/2000e, il entraîne des problèmes d’exposition et altère le bokeh. 

Ce qu’il faut prendre en compte avant de choisir son obturateur 

En photo, tout est lié. Et c’est là que les choses se compliquent ! L’obturateur influence beaucoup d’éléments, notamment la rafale et l’autofocus dans certaines situations. 

Le black-out

Ce phénomène désigne le voile noir qui apparaît dans votre viseur entre deux photos. Il est créé par les rideaux mécaniques qui viennent cacher le capteur. Le problème, c’est que ça fait perdre la vue directe avec le sujet. Si vous tentez de suivre un sujet, vous allez devoir faire à l’aveugle au moment du black-out. Et lorsque vous ne voyez rien, c’est la même chose pour votre appareil. C’est donc assez perturbant pour le système autofocus. 

Sachez que le niveau de black-out n’est pas le même avec tous les obturateurs : 

  • Maximal en obturateur mécanique ;
  • Intermédiaire en premier rideau électronique ;
  • Nul en obturateur électronique. 

Certains appareils disposent de subterfuges pour éviter de voir le black-out. Si ça vous intéresse, n’hésitez pas à jeter un œil à l’article sur la rafale H+

Les conséquences sur le fichier RAW 

Le choix de l’obturateur impacte aussi la dynamique de votre fichier RAW. Sur les derniers Canon par exemple, l’obturateur mécanique et le premier rideau électronique autorisent les fichiers RAW de 14 bits. Mais lorsque vous utilisez l’obturateur électronique, vous passez à seulement 12 bits. Concrètement, vous perdez un stop de dynamique avec l’obturateur électronique ! 

Mais attention, ces données varient selon le modèle de votre appareil photo. Il vaut mieux vérifier les caractéristiques pour éviter les mauvaises surprises. 

Quel obturateur choisir en fonction des situations ? 

Avant tout, sachez que mes réponses sont bien évidemment subjectives. Je vous partage mon utilisation, mais d’autres photographes font différemment. À vous de faire un mixte entre tout ça ! 

En paysage 

Lorsque je suis sur trépied pour de la photo de paysage, j’utilise le premier rideau électronique. C’est celui qui implique le moins de vibrations, et donc une meilleure netteté. Il a également très peu de rolling shutter et permet d’utiliser une dynamique maximale avec un format RAW de 14 bits. 

En portrait 

Dans ce cas-là, je préfère l’obturateur mécanique. Le bruit qu’il fait est important pour le modèle qui pose et qui sait à quel moment la photo est prise. Certains photographes trouvent même que l’obturateur mécanique est trop silencieux ! 

Le seul inconvénient, c’est la vitesse maximale de 1/2000e. Sur des objectifs à portrait avec une grande ouverture (je pense notamment au Sigma 85mm f1.4), ça peut vite devenir compliqué.

En sport, en animalier ou en macro

J’utilise l’obturation mécanique par défaut. Mais comme toujours, ce n’est pas si simple ! Si vous faites du bracketing, il vaut mieux utiliser le 1er rideau électronique afin de diminuer les vibrations (voire l’obturateur électronique si c’est compatible avec la scène photographiée). 

En photo d’action (sport ou animalier), le black-out est vraiment gênant. Certains rares appareils photo ultra haut de gamme tels que le Sony A9 ou le Canon R5 et R6, peuvent utiliser l’obturateur électronique. Ils disposent en effet d’un rolling shutter minimal et n’ont quasiment pas de black-out. Le suivi est beaucoup plus facile à faire, et en plus, les performances de l’AF et la cadence de rafale sont améliorées ! 

Mais ce sont des exceptions sur le marché de la photo. En temps normal, vous avez plutôt intérêt à utiliser l’obturateur mécanique qui offre moins de compromis. 

En intérieur

Avec l’obturateur mécanique, vous n’avez aucun risque de banding. Mais si vous voulez être discret (en mairie ou à l’église par exemple), je vous invite à tester au préalable l’obturateur électronique. En fonction de la qualité de l’éclairage, ça sera plus ou moins possible. 

Sachez que vous pouvez aussi agir sur le banding : 

  • Soit en jouant avec la vitesse d’obturation pour essayer de se synchroniser avec le scintillement. 
  • Soit en utilisant le mode de synchronisation anti-scintillement (la plupart des appareils photo disposent maintenant de ce mode). L’appareil photo va détecter le scintillement afin de prendre la photo au moment opportun.

En bref, j’utilise les trois. L’obturateur mécanique est celui qui revient le plus souvent, mais c’est impossible de tout faire avec. Le mieux, c’est de savoir s’adapter et d’utiliser les autres modes quand c’est nécessaire. Et maintenant, vous savez le faire aussi ! 

Et vous, comment faites-vous ? N’hésitez pas à partager votre expérience, ça intéresse toute la communauté.  

DAMIEN BERNAL

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